Un genévrier par Nicola Crivelli

Le 17 mars 2007 à Abano Terme avait lieu le rassemblement des membres de la Nippon Bonsai Sakka Kyookai Europe.

Cette manifestation était un baptême du feu pour moi, car c’était la première fois que je travaillais devant un public aussi nombreux, dans un événement de cette importance (Higan), représentant une « organisation aussi prestigieuse (NBSKE).

La démonstration a été conçue et structurée en trois parties : la première partie de la présentation traitait de la matière première (NDT : c’est à dire l’arbre présenté), la deuxième partie du travail réalisé pendant la conférence « Origins » à la fin de laquelle,dans la troisième partie, j’ai présenté l’arbre travaillé, en expliquant les actions faites.

Bien sûr, le trac m’a empêché d’expliquer les travaux comme je l’aurait voulu, donc j’écris ici quelques lignes sur le travail fait.

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Présentation du matériel

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26/02/07 genévrier avant d’être travaillé

L’écorce et le bois sec ont été brossés, ce qui a donc mis en évidence les veines vivantes gonflées et le bois mort (shari) très naturel.

Ce Juniperus chinensis a un tronc lisse et mince, avec une forte présence de bois mort et de shari, très importants pour ce type d’essence.

En dépit d’avoir été cultivé en pleine terre, les shari sont très beaux.

La première partie du shari présente une érosion très naturelle, avec une partie du bois tendre qui a disparu avec le temps, laissant le bois dur, en formant les "ailes" typiques des genévrier trouvés dans la nature (yamadori).

A l’achat de ce genévrier Shinpaku, j’ai juste brossé l’écorce et le bois mort, découvrant ces qualités.

Simplement, montant le long du tronc, le bois mort, qui n’était pas en contact direct avec le sol (humidité, pourriture), paraissait grossier et lourd, cylindrique.

Une caractéristique des genévriers est en effet le tronc plat, aplati par l’érosion du temps, comme on le voyait dans la partie basse.

Par conséquent, dans la partie supérieure du tronc, le bois mort (shari), devait être réduit manuellement, pour augmenter aussi la conicité.

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De ce côté, on peut voir les veines clairement définies
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De ce côté, le bois mort est prédominant (shari)

Premier projet

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premier projet

Dès la première moitié du tronc part une branche qui ensuite se divise en deux. Une aurait pu devenir le sommet et l’autre la première branche. Le deuxième tronc et l’ensemble de la seconde partie du tronc principal auraient été éliminés. Avec ce projet, cependant, on aurait perdu beaucoup de l’élégance du tronc le plus mince.

Second projet

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Second projet

Un tronc mince unique, on élimine le tronc secondaire, mais on garde toutes les branches. Probablement un peu trop monotone, trop de branches. Ce serait une honte de supprimer le deuxième tronc (fils)

Troisième projet

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Troisième projet

Un double troncs, mince, très élégant. De ce côté, le bon démarrage du tronc (nebari) est mis en valeur, ce qui donne de la stabilité à l’arbre. On peut voir une partie du tronc sec (shari), mais la chose la plus importante est que vous voyez les fines veines vivantes. C’est le projet qui a été sélectionnée pour la mise en forme.

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17 mars 2007 : Début de la transformation
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Certaines branches sont travaillées en jin
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Nous procédons à la ligature du tronc fin
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L’opération la plus délicate, la torsion de la première branche. En éliminant le bois mort, cela facilite la torsion de la branche.

Après avoir réduit (NDT : amincit) le bois mort, la branche est entourée d’un ruban autocollant. Il empêche que l’écorce se décolle ou soit endommagée lors de la phase de torsion.

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La première branche de l’arbre principal est prête à être pliée sans causer de traumatisme à l’arbre. L’ami Mario m’aide dans ce travail.

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La mise en place de la première branche
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Ensuite vient le changement de cime
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La présentation du travail effectué

Pour augmenter la vigueur de l’arbre, j’ai gardé une ramification clairsemée et dans laquelle la lumière entre.

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Le genévrier placé dans un pot légèrement plus grand après le travail

Dans la partie apicale de l’arbre principal, quelques brindilles doivent se développer pour accroître la ramification.

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Septembre 2007

On a retiré la plus grande partie du fil. La première branche a bien réagi à la torsion. L’arbre est prêt pour la seconde mise en forme.

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31 janvier 2008, l’arbre a été entièrement ligaturé
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La végétation
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Le sommet de l’arbre père
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Détail de Sabamiki avec l’âme du tronc intact
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Détail d’un jin
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Un autre jin
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Dans son nouveau pot à bonsaï, peut-être même un peu gros
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19 janvier 2010

Il est maintenant temps de s’occuper de ce genévrier

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20 janvier 2010

La première intervention consiste à nettoyer le bois mort

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23 janvier 2010, après la mise en forme de la couronne
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Lone Wolfe & Cub - Loup solitaire et son fils
Ittö Ogami et Daigoro

C’est le nom que j’ai donné à ce genévrier Sokan (deux troncs). Le célèbre manga qui raconte l’histoire d’un samouraï solitaire (Ittö Ogami), un Ronin (un tueur à gages) qui, avec son fils Daigoro suit la route de Meifumadô, m’a inspiré dans la formation de ce genévrier de Chine lettré. Un Shinpaku bunjin mais très peu Samurai ;-)

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26/03/2010, changement de pot
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9 janvier 2011, exposition à Lugano

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8 juillet 2011
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28 février 2012, rempoté dans un pot plus petit

(Traduction d’un article de Nicola Crivelli)