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du prebonsai au bonsai

Du PRE-BONSAI au BONSAI
Une synthèse des échanges entre les membres de Parlons Bonsai et Patrice Bongrand

Cette fiche dresse un agenda des interventions permettant de former la jeune pousse d’une espèce caduque (pépinière, yamadori) en un bonsai. Ces interventions étalées dans le temps visent à créer un nébari, favoriser l’épaississement du tronc en restant attentif à sa conicité, créer une ramification primaire puis secondaire. Mais ces différentes étapes découlent aussi, et en premier lieu, de l’espèce sur laquelle le bonsaika a jeté son dévolu.

LE CHOIX D’UNE ESPECE : voici celles couramment utilisées en Bonsai, conseillées par Patrice Bongrand

Les espèces notées avec *, sont celles considérées comme les plus vigoureuses, par Patrice Bongrand ; sachant qu’un arbre ne se travaille que s’il est en pleine santé et montre des signes visibles de croissance, ce sont donc vers ces espèces qu’il est préférable de se tourner. Deuxième point à ce sujet : la vigueur de l’arbre est évidemment inversement proportionnelle au laps de temps qui sépare deux interventions importantes. Ainsi, si le sujet travaillé reprend difficilement, on attend qu’il ait récupéré (toujours les signes visibles de croissance : nouveaux bourgeons en grand nombre) pour planifier en fonction des saisons adéquates (et non réaliser de go) une nouvelle intervention.

Pour les feuilus :

Espèces européennes Espèces asiatiques
-* Charme , Erable de Montpellier, Olivier, Orme, Prunus Mahaleb, Houx, Azalée, Troène, Micocoulier -*Erable Palmatum, Zelkova, Azalée, Hêtre du Japon, Prunus Mume, Cognassier du Japon, Stewartia, Ilex Serrata
-* Hêtre*,Erable Champètre*, Buis*, Pyracantha*, Aubépine* -*Erable de Burger*, Orme du Japon*, Orme de Chine*, Charme de Corée*

Et pour les conifères :

Espèces européennes Espèces asiatiques
-* Pin Mugho, Pin à crochets, Pin Arolle, Genévrier Phénicie, Genévrier Communis, Cade (Genévrier Oxycédrus), Faux-Cyprès, Mélèze -*Pin Parviflora, Pin Densiflora, Genévrier Rigida, Cryptoméria, Tsuga,Picéa Glehnii
-* Epicéa*, Pin sylvestre*, If* -* Pin Thumbergi*, Genévrier de Chine*, If Cupistada*

LE TRAVAIL SUR L’ARBRE

Attention : « la règle générale en bonsai, c’est qu’il n’y a rien de systématique : faire un schéma de travail avec des dates et les interventions ne sert pas à grand chose. La qualité du bonsailliste, c’est l’observation. On ne peut faire les travaux que sur la base de cette observation, car il faut s’adapter à l’évolution de nos arbres, à leur santé et surtout à leur vigueur », Patrice Bongrand.

UN RETOUR EN TERRE (ou dans une caisse en bois). L’arbre acheté en pépinière se présente sous la forme d’une jeune pousse, sans caractère, ressemblant à un crayon. Le premier travail consiste à le placer en pleine terre. Pour ce faire :

  • Préparation du terrain : un trou 5 fois plus grand que l’arbre dans le fond duquel on place des ardoises, des tuiles afin que les futures racines se développent à plat sans devenir des pivots.
  • Dépotage et élimination systématique du substrat (y compris celui sous le collet, lieu du futur enracinement)
  • Elimination des racines trop longues, trop vieilles pour ne garder que les radicelles qui partent de la base (voir les shémas 1,2 et 3)
  • Elimination des branches trop grosses ou mal disposées

L’arbre va rester en terre pendant plusieurs années (minimum 5 ans selon Patrice Bongrand), profitant d’apports réguliers d’engrais organique.
5 ans, c’est long ? Certes, mais le meilleur moyen de parvenir au sommet d’une montagne, c’est d’en prendre le bon chemin, autrement...Patrice Bongrand

3 ANS : TRONC et NEBARI
Du coté du Nébari : au printemps de la troisième année, l’arbre est sorti de terre pour un nouveau travail de sélection des racines : celles partant à la verticale sont supprimées. Les seules conservées sont celles qui partent en étoile sur le pourtour du collet (voir les schémas 5 et 6 ci-dessous).

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travail sur les racines

Du coté du tronc : pendant ces trois années, on a laissé un long tire- sève comme cime pour favoriser le grossissement du tronc. Régulièrement, il est coupé en biais assez court afin qu’une nouvelle pousse prenne le relais. Cette dernière va favoriser la cicatrisation de la coupe, et permettra de créer une conicité du tronc (voir les schémas ci-dessous).

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travail sur le tronc

APRES 3 ANS
Ce n’est pas encore la période voulue pour commencer un travail de création pour ce qui concerne la ramification. Ce n’est que lorsque le plan aura un tronc dont la base a le diamètre voulu que cette nouvelle phase pourra commencer.

Pour le moment, tous les ans ou tous les 2 ans, l’arbre est sorti de terre afin de continuer le travail de sélection et d’élimination des racines. En parallèle, la ligne de tronc se définit grâce aux coupes opérées pendant les 3 premières années. On laisse désormais pousser toutes les branches qui sortent du tronc : une sélection peut être réalisée en laissant davantage de branches que nécessaire. Lorsque toutes les branches ont le diamètre nécessaire, elles sont taillées en laissant un moignon de 2 à 5 cm : ce sont les branches primaires.

Comment les sélectionner : la première branche (en partant du sol) est plus au moins au tiers inférieur de l’arbre, à l’extérieur d’une courbe. La deuxième part de l’autre coté à une distance de la première légèrement inférieure de celle qui sépare la première du sol. La branche suivante part vers l’arrière de la l’arbre en suivant la même logique, et on suit le mouvement du tronc pour continuer. Plus on monte, moins le diamètre de la branche est importante.

Pour autant, c’est l’arbre et sa forme qui décident de l’implantation des branches ; a trop vouloir faire du systématique, on vide l’arbre d’une partie de son individualité.

LA MISE EN POT intervient lorsque le travail sur la ramification primaire semble achevé, et que doit commencer celui sur la ramification secondaire.

Elle intervient au début du printemps (voir fiches espèces pour plus de précision), et se pratique dans un pot à culture (voir photo) un peu plus grand que le pot définitif. Le substrat dépend là encore de l’espèce.
Voir les photos et les articles au sujet du rempotage d’un arbre.

La première année qui suit le rempotage : pas de taille des branches. L’arbre doit regagner en vigueur et a besoin de créer de la matière verte pour cela (avec l’aide d’engrais organique, voir article fertilisation).

LA CREATION DE LA RAMIFICATION s’obtient les années suivantes.
Elle ne consiste pas en de longues branches primaires que l’on a laissées pousser et ligaturées, qui ont donné naissance à un bourgeonnement. C’est la succession de tailles de sélection et le pinçage qui vont donner du mouvement, de la conicité à ces mêmes branches, et donner naissance à une ramification de plus en plus fine.

Pour cela, les « gourmands » (les pousses partant à la base du tronc ou des moignons) sont éliminés . Si cela est possible, seules les pousses qui partent dans la continuité de la branche déjà créée sont conservées ; celles qui partent au dessus, au dessous sont supprimées.

En ne gardant que celles qui partent sur la gauche, ou sur la droite (en évitant les croisements), le mouvement aléatoire mais harmonieux se créé de lui même. Le type de bourgeonnement (alterné ou non), la vigueur de l’arbre (selon l’espèce) influe également sur la sélection (quel bourgeonnement est conservé) et sur la fréquence de la taille de sélection. Pour tous ces points voir les fiches espèces.
Vous voilà après presque une dizaine d’années de culture avec un bonsai, votre compagnon de route...

N’oubliez pas : toutes ces opérations n’étant pas anodines pour l’arbre, ce dernier y réagira d’autant mieux s’il est conservé en bonne santé, donc des conditions idéales répondant au mieux aux particularités de l’espèce.

Deux exemples pour illustrer ces propos :


Croquis : stephane28

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