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Rempotage d’un vieux ficus

Exemple d’amélioration esthétique par rempotage et choix du pot par Damien Chertier et Moyogi le 25 février 2004

Le Ficus retusa en question.

ficus avant travail

Ce ficus a été carotté (prélèvement dans le tronc pour compter les anneaux) au début des années 80, l’expert du CNRS avait alors certifié que l’arbre avait 150 ans.

Le problème est que la méthode de calcul s’appuie sur la base d’une culture dans nos contrées.

L’arbre ayant été importé de son pays d’origine où il connaît trois pousses par an, son âge réel actuel doit plutôt se situer autour des 70-80 ans. Ce qui n’est déjà pas si mal...

Ses dimensions :

- Envergure : 105 cm.
- Largeur : 68 cm.
- Diamètre du tronc : 16 cm au dessus des racines.
- Nebari : 30 cm.

L’arbre a redémarré, on voit les nouvelles pousses. C’est donc le moment de rempoter.

nouvelles pousses du ficus {JPEG}
Historique : Il est depuis 7 ans dans le même pot (le pot mat avec les dessins). A l’époque, il s’agissait plus d’un transpotage que d’un rempotage : la motte d’origine n’a en effet pas été touchée et on voit encore la trace de l’ancien pot.

Pas très esthétique tout ça...

On commence à enlever le surplus de terre et à dégager les racines à l’aide de la griffe. L’opération dure 1 heure.

Le pain racinaire.

Surprise ! Le mélange était composé de 80% de sable, 18% de gravier. Clairement pas l’idéal !

Les deux pots


Le nouveau pot choisi est émaillé bleu et de dimension inférieure. Ceci peut paraître étrange, mais le pot mat d’origine est trop imposant pour l’arbre et ne le met pas en valeur. De plus, dans ce cas précis, le pain racinaire se prête à ce nouveau pot. Et la couleur bleue choisie fait ressortir la couleur de l’écorce et s’accorde bien avec le feuillage.

racines de face {JPEG} racines vue arrière {JPEG} racines vue de coté {JPEG}

Vue du dessous des racines : pas ou peu de nouvelles racines, elles ne pouvaient pas évoluer dans un substrat aussi pauvre. Les seules nouvelles racines étaient cloisonnées dans de petites boulettes de terreau.

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vue du dessous

Localisation et marquage à la craie des racines à couper.

Début du travail.

Les racines supérieures et celles qui se croisent sont coupées pour mettre à plat le nebari.

Taille tout autour de la base.

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On coupe 1/5e des grosses racines (celles qui se croisent ou qui sont abîmées). Avant chaque coupe, on regarde s’il y en a une autre qui pourra prendre le relais ou si elle a des radicelles plus haut. Il n’y a pas que l’esthétique qui compte, il faut aussi (et surtout !) penser à la survie de l’arbre.

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Application d’un mastic fongicide systémique sur toutes les coupes.

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Présentation de l’arbre à côté du pot. Une deuxiéme taille s’avère nécessaire pour une harmonie parfaite avec le pot.

On tapisse le fond du pot avec de l’akadama en gros grains, sur une hauteur de 2-3 cm, afin d’assurer un bon drainage et d’éviter les poches d’eau.

Ensuite, on met une couche de substrat (60% d’akadama, 40% tourbe) en faisant un dôme à l’endroit où on va poser la motte. Ceci facilitera l’insertion du substrat entre les racines.

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Mise en place de l’arbre dans le pot en le tournant légèrement de gauche à droite.

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On mastique les nouvelles coupes.
Vaporisation des racines avec une solution nutritive (Tonus V) pour aider à la reprise racinaire.

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Phase délicate du rempotage, l’infiltration de substrat entre les racines. L’opération s’effectue avec les doigts et à l’aide de baguettes. Il ne doit pas y avoir d’air entre les racines.

L’opération dure deux bonnes heures avec trois personnes.

On utilise la balayette coco pour ôter et lisser la surface du substrat. Et on pulvérise de la solution pour les racines qui va aussi stabiliser la surface du substrat.

Arrosage en quatre fois, avec une pomme fine. On le pratique par petits jets pour éviter des ruissellements.

6 heures après...

Le résultat  : Le pot bleu émaillé plus plat fait ressortir le nebari, le tronc et la couleur du feuillage.

Note : l’arbre est mis sous 2 néons horticoles pour qu’il reçoive toute l’énergie lumineuse dont il a besoin.

Avant/ après : je vous laisse apprécier la différence.

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