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Les jardins Japonais

l’histoire, la symbolique

Article écrit par Cécile Scalliet et publié avec son aimable autorisation.

Un peu d’histoire

Il semble qu’a l’origine des jardins japonais traditionnels se trouvent les jardins chinois. Cet art aurait été introduit au Japon durant la seconde partie du VIe siècle par les coréens. Les chinois avaient développé une relation étroite avec la nature, ce qui transparaissait dans leur philosophie, dans leur religion, dans leur art et évidemment dans leur approche des paysages.

A l’origine, les jardins japonais étaient réalisés pour que le public puisse en profiter. C’est au VIIe siècle que l’on commença à en construire dans les résidence privées des aristocrates. Dès le début on découvre chez les jardiniers le souci de reproduire un paysage à échelle réduite. On y rencontre déjà les éléments constitutifs essentiels : l’eau, les pierres et l’île en forme de colline. Ces premiers jardins se présentaient sous la forme d’une île entourée d’un étang bordé de pierres qui symbolisaient un rivage rocheux.

La période Heian

Selon un ouvrage écrit vers 1200 (Sakuteiki, le livre des jardins), dans les jardins de cette époque l’étang est précédés d’un espace dégagé et situé au sud de la propriété, il est alors alimenté par un cours d’eau venant du nord-est. Le jardin et les îles sont plantés de pruniers, de cerisiers, d’Erables, de Saules et de Pins, ornés de pierres, colorés et ensoleillés, ces deux dernières caractéristiques vont se perdre peu à peu. Parallèlement, ils se sont mis à décorer les cours intérieures de fleurs et d’arbustes, développant ainsi un nouveau type de jardin clos appelé senzai.
L’uniformité des jardins de l’époque quant aux principes de création vient de l’utilisation de la littérature. Le livre principal est la Sakuteiki qui codifie tous les éléments du paysage japonais.

Les périodes Kamakura et Nambokucho (1185-1393)

Durant ces périodes, la conception et l’apparence des jardins vont être fortement modifié par l’influence de la secte bouddhique zen. Le jardin devient un lieu de méditation. L’emploi des pierres, de l’eau et des plantes à feuilles persistantes se généralise.
A la fin de cette époque (quatorzième siècle) Muso Kokushi, grand réformateur de la secte zen a créé le jardin du Saiho-ji à Kyoto. Véritable chef-d’œuvre de l’époque, il présente le prototype des jardins de pierres (kare-sansui).

La période Muromachi (14eme-16eme)

Les jardins vont encore fortement évoluer. Cette période peut d’ailleurs être considérée comme l’un des âges d’or de l’art des jardins.
Les jardins construits à cette époque sont réalisé de façon à pouvoir être appréciés de différents points de vues et non plus seulement de l’intérieur de la maison comme c’était le cas avant.

A la même époque, le jardin de pierre ou jardin sec, constitué uniquement de pierres, de sable ou de graviers et de plantes à feuilles persistantes va se développer et devenir indispensable dans les monastères. Dans ces jardins, la simplification et le symbolisme sont poussé à l’extrême.

La période Momoyama (1573-1603)

Deux nouvelles tendances tout à fait opposées vont se développer. D’immenses et luxueux jardins, aux pierres énorme, aux couleur vives et aux essences variées vont être construits en raison des goûts fastueux des nouveaux dirigeants. A coté de ce débordement de luxe, la simplicité des jardins de thé traditionnel (chaniwa) est frappante. On traverse ces jardins, dont l’austérité est renforcée par l’utilisation exclusive d’essences à feuilles persistantes, pour se rendre au pavillon de thé. Chaque élément, pierres de passage, lanternes et bassins en pierre répondent au besoin de la cérémonie. Les créateurs de ces jardins désiraient recréer sur une aire réduite, le calme paisible d’une retraite dans la montagne pour préparer les personnes traversant le jardin à la cérémonie du thé.

La période Edo (1603-1868)

Les jardins de thé vont perdre leur simplicité primitive. Quant aux grands jardins, ils sont toujours très appréciés. Kobori Enshu inaugure près de Kioto un nouveau style de jardin promenade : les jardins humides (kaiyushiki teien). Les pavillons deviennent indépendants de l’habitation et se répartissent autour d’un grand lac, les sentiers qui les relient forment un circuit de promenade. Chacun des arrêts offre au promeneur une vue différente du paysage.

La période Meiji (1868-1912)

Cette époque voit apparaître des jardins à l’anglaise et à la française, l’art du jardin devient alors une profession. Aujourd’hui, les recherches des architectes et dessinateurs de jardin mènent souvent à des adaptations modernes de tradition séculaires, le trait essentiel étant la renaissance dans l’art du jardin du pur esprit japonais. C’est aussi à cette époque que le "japonisme" arrive en Europe par l’intermédiaire des peintres.


Description d’un jardin Japonais

On peut considérer qu’il existe deux catégories de base : les jardins secs (karesansui) et les jardins humides (tsukiyama).

Les jardins secs :

C’est la forme de jardin la moins exigeante au niveau climatique. Comme leur nom l’indique, ces jardins ne sont constitués que de sable et de pierres. Les montagnes sont représentées par des groupements de pierres tandis que les océans et les rivières sont symbolisés par des étendues de sable soigneusement ratissées. Ils sont traditionnellement de forme rectangulaire et entourés d’un mur recouvert de chaux et couvert d’un toit de tuiles. Il y a normalement 5 groupes de 15 pierres arrangées en groupes de 2, 3 et 5 pierres. On laisse la mousse recouvrir la base de chaque groupe.

L’île Tortue, de forme compacte, rappelle le dos d’une tortue. Elle est le symbole de la longévité et représente la stabilité terrestre. On peut la voir ici symbolisée par des pierres.

L’île Grue, de forme allongée et verticale est le symbole de l’immortalité et représente la migration de l’âme. Un pin est souvent planté sur cette île

Les jardins humides :

Le lac est le point central, sa surface plane met en valeur les berges et donne de l’ampleur au jardin. Ses dimensions et contours indiquent l’échelle et la forme de l’ensemble du jardin. Selon les règles établies dans le Sakuteiki, l’eau arrive par le nord-nord-est, contourne le pavillon de thé au sud et sort vers le sud-ouest. Le lac est peuplé de poissons (souvent des carpes koï) et de tortues.


Le pont rouge évoque un espace de transition à l’élévation spirituelle et rend accessible l’île, symbole du paradis. Sa courbure en demi-cercle suggère par son reflet dans l’eau le disque lunaire. Les pont de bois ou de pierre participent à la symbolique du passage purificateur.

Le pavillon de thé servant à la cérémonie du thé est construit en bois pour sa résistance aux séismes qui secouent le Japon.


Les végétaux :

Les traditions shintoïstes et bouddhistes accordent aux arbres la faculté de capter les flux célestes bénéfiques.
Certains arbres marquent le passage des saisons :
- Les cerisiers ou les pruniers sont cultivés pour la beauté de leur floraison au printemps.
- Les érables poussent librement mais, pour que leur coloration automnale soit parfaite, leur ramure est éclaircie par la taille.
- Les conifères au feuillage persistant ne changent pas avec les saisons. Leur intemporalité en font l’arbre de prédilection des jardiniers.








Réalisation d’un jardin japonais par Diex, membre de parlons Bonsaï

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