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Le style "surnaturel" dit "burton"en Bonsaï selon Vev et Law

Ce que nous proposent ici Hervé Dora et Laurent Darrieux (Vev et Law sur le forum), c’est une technique où l’on utilise toute la longueur de la pousse que l’on ligature de façon tortueuse afin de créer des charpentières aussi puissantes que folles en saison hivernale. La ramification fine fera le reste en ce qui concerne la douceur poétique.
C’est le contraire de la technique qui consiste à couper les branches court pendant la construction d’un caduque.


La génèse du style "Surnaturel" dit "Burton"

Ce style, dont Hervé Dora et Laurent Darrieux se revendiquent les créateurs, puise son inspiration dans l’univers fantasmagorique des créations de Tim Burton (comme par exemple le Film Sleepy Hollow où les décors extérieurs sont essentiellement composés d’arbres aux branches pour le moins tarabiscotées).

C’est cet esprit que veulent retrouver Hervé et Laurent dans leurs créations.

Le but est de créer des arbres fantastiques, inexistants dans la nature et dont les seules limites artistiques et végétales ne peuvent venir que des limites propres à chaque individu en matière d’horticulture ou de développement de l’imaginaire.

Le résultat doit faire apparaître un arbre qui ne doit, en aucune façon, faire référence à la nature mais plutôt à des arbres qui pousseraient dans des mondes lointains et inaccessibles, telle une manifestation de l’esprit de son créateur.


Préambule-Avertissement

Tout est donc esthétiquement possible, rien n’est codifié à l’avance.

A ceci près, que le matériel qui sert de base à la création est un être vivant. Il est donc primordial de bien le connaître et de l’avoir préalablement, suffisamment et correctement préparé aux diverses interventions

En bonsaï rien n’est affaire de précipitation, de telle sorte que pour aboutir à un résultat où rien ne semble esthétiquement maîtrisé, il doit en être tout autrement des techniques de culture et de mise en place des branches pour y aboutir.


- Pyracantha avant travaux :


Liste des variétés aptes à être formées dans ce style

cette liste n’est pas exhaustive et ne contient que les variétés sur lesquelles des mises en formes se sont avérées concluantes à ce jour

  • Acer palmatum
  • Acer buergérianum
  • Carpinus
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    carpinus
  • Cotoneaster (les rosacées en général)
  • Ficus
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    ficus
  • Prunus
  • Pyrachantha
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    pyracantha
  • Ulmus formosa, parvifolia,sempervirens

Les variétés inutilisables (car les branches ont tendance à sécher avec le temps) :

  • acacia
  • aulnes
  • bouleau

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projet pour un orme

Les techniques à maitriser

Elles sont principalement au nombre de trois :

  1. La défoliation
  2. Le travail du bois : shari (ou écorçage ou scarification)
  3. La pose de ligature

Et bien évidemment au dessus de tout cela il y a, mais ce n’est pas à proprement parler une technique, la culture. POURQUOI ?

Le principe de base est de travailler sur des jeunes pousses longues avec suffisamment de végétation, afin de pouvoir les ligaturer. En les ligaturant vous occuperez l’espace avec cette jeune pousse au gré de vos inspirations.

Seulement la pose d’une ligature ou toute autre intervention comme celles énoncées plus haut, n’est pas anodine pour un arbre et il doit donc avoir les ressources pour y répondre.

Et il lui faut du temps pour les acquérir, ces ressources :

  • Un jeune rameau long et fort, est un rameau qui a :
    • des entre-noeuds courts.
    • de petites feuilles en bon nombre
    • la présence de bourgeons

Pour obtenir tout cela il lui faut une bonne activité racinaire car nous vous rappellons que tout ce qui se passe au niveau racinaire se retrouve au niveau de la masse foliaire.

Si vous voulez une masse foliaire fournie, des rameaux forts, une ramification terminale fine, il faut avoir au niveau du sol un système racinaire très divisé au plus proche du collet avec de multiples radicelles.

Pour obtenir un bon système racinaire, il faut notamment un substrat drainant et rétenteur à la fois, aéré et anguleux.

Ajoutez à cela un arrosage maîtrisé et un engraissage adapté à la saison, à votre localisation géographique et à l’étape de construction de l’arbre.

Tout ceci ne se fait pas en un seul jour.

Vous pouvez, pour plus d’informations à ce propos, vous rapporter à la page d’accueil et au forum qui fourmillent d’informations sur ce sujet primordial sur lequel nous ne pouvons nous étendre plus.


-1- La défoliation

Il s’agit de retirer les feuilles d’une branche afin de forcer l’arbre à renouveler son feuillage par des feuilles moins grosses et des entre-noeuds plus courts.

Pour pratiquer la défoliation, plutôt que d’arracher les feuilles, il est préférable de couper leur pétiole au niveau du limbe à l’aide de ciseaux afin de ne pas endommager le bourgeon axillaire situé à leur base.

Dans le cadre du style "Burton", on pratique la défoliation pour :

- Faciliter la pose des ligatures sur toute la longueur de la branche
- Faciliter les torsions une fois la ligature posée.

Lors de cette défiolation on laissera quelques feuilles en bout de branches et aux endroit utiles pour la construction afin de permettre la pousse des ramifications terminales. Ces feuilles jouent alors le rôle de tire-sève pour faciliter l’augmentation du flux de sève qui permettra un développement plus rapide de la branche.

- La défoliation peut être partielle ou totale selon les besoins
- La période optimale pour une défoliation se situe entre début mai et fin juin.

Là encore on intervient quand il le faut, en respectant le cycle de vie du végétal

- Résultat après défoliation et pose de ligature avant torsion :

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defoliation

-2- La scarification

Si l’on s’en réfère toujours à l’univers fantastique et ténébreux de Tim Burton, les arbres sont souvent vieux et tourmentés, non seulement les branches mais aussi le tronc.

Une des façons de retrouver cela sur le tronc de nos bonsaï est la scarification (ou écorçage, ou shari pour les japonais).

  1. Préalablement on nettoie le tronc à l’aide d’une brosse métallique souple.
  2. A l’aide d’une lame bien aiguisée et propre (canif, couteau, scalpel) on délimite, en effectuant une légère incision sur le tronc à gauche et à droite sur toute la distance désirée, une section d’écorce à retirer. Les deux lèvres se rejoignent à chaque extrémité de la section
  3. Toujours à l’aide de la lame, à l’extrémité de la section ainsi délimitée on soulève l’écorce régulièrement mais sans précipitation jusqu’à l’autre extrémité. On pratique de bas en haut.
  4. Veiller à ce que, sur les bords de la scarification, l’écorce soit bien au contact du bois.
  5. On peut passer un mastic cicatrisant et fongicide sur le pourtour de la scarification.

En réaction à cette agression, l’arbre va se trouver obligé de produire de la matière (de l’écorce) pour y répondre. Il va donc se former à l’endroit de la scarification un cal cicatriciel, qui peut d’ailleurs être travaillé plusieurs fois.

Encore une fois ici, pour répondre correctement, l’arbre doit être en pleine possession de ses moyens

Sur une section de bois raide, la scarification permet aussi de donner du mouvement (ou tout au moins une impression). Sur une section courbe, la scarification permet de souligner, voir d’accentuer le mouvement existant.

Le cal cicatriciel, la pluie, le soleil, le mouvement ainsi créé, vont donner au tronc l’aspect vieux et tourmenté recherché.

- Démonstration en image :

  • Jeunes scarifications sur plan de pyracantha :
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détail
  • Réaction à la scarification :
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reaction
  • Résultat de la scarification avec le temps :
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avec le temps
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avec le temps 2


3- La pose de ligature

S’il y a un point plus important que les autres c’est celui-ci. En effet il est très important que la ligature soit posée correctement car c’est elle qui vous permettra de positionner la branche où vous le souhaitez, en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’occuper librement l’espace (on peut créer des cercles par exemple). Toutes les circonvolutions sont possibles à l’image des mouvements d’un dragon, d’un serpent.

Pour plus de renseignements sur la ligature, reportez vous à cet article

L’idéal est de s’entrainer à la pose de ligatures soit sur des branches mortes soit sur un "arbre-mannequin"’.

Il est préférable également :

- de commencer par ligaturer les branches les plus basses et pratiquer de bas en haut
- de poser toutes les ligatures avant d’effectuer les torsions
- de ne pas poser un fil ayant déjà servi

Voyez ceci :

On voit que, dans ce style, le but est de donner beaucoup de mouvement.

Cependant on sait, par expérience, que pour imprimer de tels mouvements, il est plus simple de le faire sur des jeunes rameaux que sur des branches ayant déjà atteint un certain diamètre, quel que soit le diamètre des fils à notre disposition.

C’est pourquoi pour arriver à une telle disposition de branches, il peut quelquefois être nécessaire de se séparer des branches en les coupant pour repartir avec des bourgeons dormants du tronc mis en culture jusqu’à l’avènement de nouvelles jeunes pousses tendres d’une belle longueur.

Là encore, les notions de temps et de culture adaptée sont importantes

Une fois la longueur souhaitée obtenue, on pose la ligature de préférence sur toute la longueur des branches au bois vert non aoûté.
Si la branche est fine, le fil peut être posé de façon plus lâche pour permettre à la branche de se développer.

Une fois le fil posé, on peut pratiquer les torsions puisque que le bois est tendre.

On laisse la branche se développer avec le fil ainsi posé sans craindre particulièrement les blessures dues à l’incrustation du fil dans le bois.

Evidement le diamètre du fil utilisé dépend de la grosseur de la branche.

  • Détail de la pose de ligature :
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    • Tout est ligaturé, ce qui nécessite vraiment une ligature bien posée
  • les différents degrés d’incrustation du fil :
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    • dans la zone rouge le fil n’est pas encore absorbé mais c’est bien parti.
    • dans la zone bleu, le bourrelet cicatriciel est passé par dessus mais la fusion des deux bourrelets n’est pas encore faite.
    • dans la zone verte il est complètement absorbé. Encore un ou deux travaux dessus et ce sera comme s’il n’avait jamais été là.
  • une branche après ligature :
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    • la ligature est absorbée, la branche est définitivement positionnée.

Dans ce style, la ligature vous laisse toutes les libertés, la seule obligation réside dans le fait que les branches charpentières, secondaires et tertiaires sont disposées de façon logique en recherche de lumière, de façon à ce que la végétation se développe. La végétation située en bout de branche peut, elle, être placée de façon plus traditionnelle.


  • Après travaux :

ALORS AMUSEZ VOUS !

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Hervé et Laurent s’amusent ainsi depuis plusieurs années. Il existe donc plusieurs arbres de style surnaturel sur les étagères des bonsaillistes européens.

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