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Le genévrier itoïgawa

Le juniperus chinensis itoïgawa

Il fait partie des stars du bonsaï au Japon et en Europe. Qui n’a pas vu de superbes photos d’itoïgawa exposés à la Kokufu ? Des troncs vrillés et un feuillage idéal expliquent sa présence au plus haut niveau.


Origine et répartition géographique

Itoïgawa (糸魚川市) est le nom d’une ville japonaise située dans la préfecture de Niigata(新潟県) dans le nord de la partie centrale de l’île de Honshu sur la côte de la Mer du Japon. La variété de Genévrier de Chine appelée Itoïgawa ne pousse à l’état sauvage que sur les pentes du Mont Myôjô (1190 m) et celles du Kurohime (1222 m) près de la ville du même nom.

On y trouvait jadis de belles pièces anciennes à prélever mais ce n’est plus le cas actuellement. Désormais, les itoïgawa sont obtenus par bouturage.


Un arbre de caractère

La raison pour laquelle l’itoïgawa fait partie de l’élite des genévriers en bonsai tient à son feuillage. Il est très fin et avec de petites écailles, sa couleur est d’un vert tendre et surtout il réagit très bien aux tailles en vert et aux pincements.

(Photo : Yao Se Fu)

On demande beaucoup au feuillage lors de la mise en forme des genévriers, et avec des cultivars pas forcément adaptés au bonsai les difficultés s’enchaînent : le feuillage ne densifie pas, il redevient juvénile... C’est pour cela qu’il est parfois nécessaire de réaliser une greffe de feuillage.

Une autre caractéristique encore, s’il subit des gelées le feuillage devient marron. Mais dès que les beaux jours reviennent, il reprend aussitôt sa belle couleur verte. Pensez à abriter vos itoïgawa des gelées si vous devez l’exposer en hiver.


L’itoïgawa en Europe.

Inutile de battre la campagne et d’escalader des falaises pour en trouver en Europe. Les pépinières ne vous seront pas non plus d’un grand recours. Le seul moyen de se procurer un itoïgawa est d’aller l’acheter chez un professionnel du bonsaï. Et comme pour tout, la rareté fait le prix. Il est très rare de trouver de grands arbres de cette variété, et en tout état de cause, le prix exorbitant qui serait demandé ne permettrait pas à beaucoup d’amateurs d’avoir le plaisir de se l’offrir.

On trouve par contre beaucoup de petits exemplaires issus de l’importation. Ils font entre 15 et 25 cm de haut. Leurs troncs sont très souvent torsadés et avec beaucoup de mouvements. Ce sont des arbres de choix pour réaliser des shohin de grande qualité. Il faudra cependant débourser entre 150 € à 200 € pour pouvoir repartir avec.

Comment sont ils créés ?

Les pépiniéristes japonais bouturent systématiquement les restes de taille afin de créer les petits arbres que nous achetons. Ils sont repiqués en pot de culture et ligaturés afin de leur donner du mouvement. L’aspect vrillé des troncs n’est pas naturel, c’est lors de la ligature que l’on peut parvenir à cet effet en vrillant le plant alors qu’il est encore fin. Quelques années de culture plus tard, les arbres sont prêts à être exportés partout dans le monde.

Les quelques années de culture.

Suivant les diamètres de tronc exigés, les jeunes plants sont gardés plus ou moins longtemps en culture. Produire de jeunes arbres avec du mouvement et du feuillage très près du tronc demande du travail. Il faut les tailler plusieurs fois durant l’année pour ne pas qu’ils filent en longueur. ils sont ligaturés et déligaturés à plusieurs reprises afin de ne pas être marqués par les fils. De plus, le tronc des itoïgawa épaissit assez lentement.

Un autre avantage à travailler ces arbres est qu’ils arrivent bien cultivés et dans un substrat drainant. Bref, ce n’est pas la peine de le mettre en culture pendant deux ou trois ans avant de commencer les travaux.


Comment les travailler.

1. L’observation

Voici venir le printemps et les pinces concaves commencent à nous démanger. Mais avant de se lancer dans sa mise en forme, il faut se faire une idée assez claire de ce que l’on va faire de notre arbre. Il faut dégager le nebari en gratouillant, et chercher la face avant. On fera attention à la ligne de tronc et à l’implantation des branches. Il est important de préciser que l’on a encore rien coupé à ce stade.

2. Le nettoyage

Il faut ensuite nettoyer le feuillage. On supprime tout le feuillage faible car il ne pourra pas servir le projet. C’est un travail assez long à faire aux ciseaux. Le feuillage faible se reconnait facilement car il n’est pas très dense, s’étiole et se détache facilement quand on tire un peu dessus. Il faut également supprimer le feuillage juvénile, en aiguille, car lui aussi ne peut pas servir. Une fois le nettoyage fini, votre arbre va paraitre beaucoup moins dense, la quantité à supprimer étant plus importante que ce que l’ont imaginait au départ. Il ne faut pas hésiter et faire complètement ce travail avant de passer à la suite.

3. Fixer son projet.

Il est temps de fixer le projet que l’on s’est donné pendant la première étape. On vérifie s’il est nécessaire de modifier l’angle d’implantation. On détermine ensuite quelles branches vont former la structure du futur bonsai.

4. Taille de structure et ligature.

Les branches inutiles peuvent être coupées en laissant un petit moignon dont on pèle l’écorce afin de faire des jin courts. On les laisse sécher au moins une année avant des les casser pour leur donner un aspect plus naturel. Souvent en dessous des branches coupées on aura un retrait de sève, il sera possible d’agrandir le bois mort en suivant ce retrait de sève et pourquoi pas créer des shari sur le tronc.

Sur les branches restantes, on ligature et on place le feuillage en le repartissant pourqu’il occupe bien l’espace et surtout prenne bien la lumière. Il ne faut pas couper les pointes sur l’itoigawa lors de la mise en forme au début du printemps. Il faut le laisser commencer sa pousse de printemps avant de les recouper en arrière.

5. Il est temps de bien le cultiver.

L’arbre a eu une mise en forme assez importante à ce stade, il est donc important de bien le stimuler pour qu’il ne perde pas de vigueur. Le fait de ne pas couper les pointes fortes y participe, ainsi que l’engrais, le Tonus V en vaporisation et une exposition plein soleil.

Quand il aura montré des signes évidents de reprise, les pointes s’allongeront, il sera temps de commencer les tailles en vert. On coupe les pointes pour laisser les pousses en amont prendre le relais. Quand celles ci auront pris le relais et formé à leur tour des pointes, on les taille... de cette manière on obtient un bourgeonnement arrière important et un feuillage très dense.

Avec la sélection des bourgeons et le nettoyage du feuillage, on travaille sur la ramification à l’intérieur des futurs plateaux. L’arbre se construit alors petit à petit.

Une fois que l’arbre sera bien établi, après plusieurs saisons de travail, il sera possible de pincer les pousses (avec les doigts) en déboîtant les extrémités des feuilles. Cette technique a pour but d’équilibrer la pousse du feuillage sur tout l’arbre pour lui maintenir une silhouette homogène et dense.

Il sera alors temps de lui choisir un pot et pourquoi pas de penser à l’exposer.


Des boutures pour préparer l’avenir.

Bouturer pour faire de petits arbres :

La production d’arbres de caractère n’est pas la chasse gardée des japonais. Nous aussi nous pouvons produire de jolis petits genévriers qui, dans quelques années, nous permettront de nous faire plaisir à moindre frais. Pensez à bouturer vos chutes de tailles, cela ne coûte rien et fera des heureux lorsque vous donnerez ou échangerez le surplus de votre production.

Bouturer pour pouvoir greffer du feuillage :

La greffe de feuillage est aussi un bon moyen d’améliorer un genévrier acheté en pépinière. En effet, beaucoup de pépiniéristes vendent de très gros genévriers qui, s’ils sont travaillés avec talent et greffés, formeront de futurs master pieces pour un coût modéré.

Cette technique peut aussi être utilisée sur un yamadori dont le feuillage est assez grossier et éloigné du tronc.


Liens vers les sujets des itogaïwa du forum

Les ateliers "l’arbre et le geste" avec l’arbre de Banania.

Le travail sur un genévrier itoïgawa de Seb66 destiné à finir sur roche

Dragon de Law, rêve de gosse

Le travail en duo de Yao Se Fu sur des itoïgawa : 1 avec MB de Maibelle, 2 avec Philippe999, 3 avec Roberto, 4 avec Zorg, 5 avec Nejikan, 6 avec Patag13, 7 avec Vev, 8 avec Thumberg, 9 avec Seb66, 10 avec Cram.


Photographies de bonsaï d’Itogaïwa

Voici un mame créé par Zorg :

Voici un arbre mis en forme par Seb66 :


Bibliographie

Esprit Bonsaï, hors série n°11, les genévriers


La team redac

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