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Le Clip’n’grow

La technique du « clip’n’grow »

Le principe

« Clip and grow » en anglais signifie « tailler et laisser pousser ». Le nom japonais de cette technique est danzukuri, qui signifie « niveaux ». En gros, on laisse pousser puis on coupe court. Cette technique est utilisée pour faire des troncs épais, on l’utilise sur des feuillus mais pas sur les conifères en général sauf avec la technique du tire sève. L’objectif est d’arriver à des troncs avec une grosse conicité et du mouvement.

C’est une alternative possible à la ligature, mais cette technique demande beaucoup de patience.

Cette méthode a été mise au point à la fin du XIXe siècle par quatre experts de la culture en pot d’arbres miniatures, en s’inspirant d’oeuvres de l’école de peinture Sung, originaire du sud de la Chine.
Elle a été créée par l’école chinoise de Penjing de Lingnan.

La technique Lingnan consiste essentiellement à laisser croître puis à tailler un tronc ou une branche de façon à favoriser la croissance d’un rameau ou d’un bourgeon dans la direction souhaitée. L’orientation que prennent les nouvelles pousses ainsi que la dimension qu’on leur permet d’atteindre se conjugent pour donner aux arbres l’effet désiré. Cette technique est favorisée par la longue saison de croissance dans le sud de la Chine et par la croissance vigoureuse d’une grande variété d’arbres tropicaux ou subtropicaux (ormes, ficus, sageretia, murraya, bougainvillea, etc...).

Le style Lingnan des penjings du sud de la Chine se démarque du bonsaï par des troncs épais et robustes. La méthode de formation privilégie la taille sévère, laissant des cicatrices apparentes et des formes parfois très anguleuses. Les arbres de Hong-Kong appartiennent à cette école.


La technique

On peut compter le nombre de changements de direction qui correspond à autant de coupes. Le plus long c’est d’obtenir une bonne base, après on a moins besoin d’attendre puisque la grosseur du tronc s’affine au fur et à mesure des coupes. À partir de là, on peut envisager de créer les charpentières et d’effectuer le travail de ramification.

La pousse de la nouvelle branche peut être guidée par une ligature pour donner le mouvement souhaité au tronc.

Chaque nouvelle coupe peut être accompagnée de la sortie de nouvelles branches basses que l’on peut garder ou pas dans la structure générale de l’arbre.

C’est la technique idéale pour obtenir des Moyogi.

Il faut néanmoins être patient et prendre le plus grand soin des coupes pour une cicatrisation rapide.

Schéma explicatif fait par Pascal37 :


Avantages et inconvénients de cette technqiue :

* Elle permet d’obtenir une excellente conicité du tronc.

* Elle permet de créer des arbres aux formes plus naturelles que par la ligature.

* Le problème de cette technique reste quand même les coupes qui ne sont pas toujours très esthétiques. On parle souvent de cette technique avec les érables... mais attention aux bourrelets cicatriciels ! Pour que les coupes soient plus discrètes le temps que la cicatrice se referme, dès que le tronc atteint un diamètre qui dépasse 2-3 cm, on oriente le plan de coupe vers l’arriere par rapport à la face. C’est-à-dire qu’on incline la coupe vers la face cachée, de maniere à ne pas voir un plat mais juste le bord de la coupe.

Schéma fait par Mahatma :

* Elle n’est pas faite pour les bonsaika impatients. Il faut compter 2 à 3 ans de reprise pour un arbre prélevé ou beaucoup plus si l’on part d’un semis, 4 à 5 ans pour le tronc (à condition d’avoir déjà une bonne base et que l’espèce soit conciliante) et 4 à 5 ans pour un certain niveau de ramification..... soit plus de 10 ans ! C’est pourquoi il est préférable de trouver des grosses bases pour travailler en Clip and grow.


À quelle période peut-on rabattre l’arbre ?

Pous les premières grosses sections, préférer rabattre avant le débourrement pour la plupart des feuillus.

En fonction de l’avancement du projet on pourra ou pas rabattre debut juin, avant la deuxieme pousse.


Illustrations

* Voici un frêne de Pascal37 obtenu par cette technique :

En mars 2006, 4 ans après son prélèvement :

En mai 2006, il a presque fini de débourrer :

En avril 2007, les pousses qui ont littéralement "explosé" vont pouvoir être exploitées et la ramification sur les branches basses va pouvoir commencer ...

Le voici en janvier 2008, après une bonne taille, en attendant le printemps et de petites rectifications ...

Le voici en avril 2008, juste après le débourrement :

* Voici le tronc d’un ficus d’Antonin, issu d’une bouture, toujours obtenu par cette technique :

* Un orme Nire d’Antonin obtenu par cette technique à partir d’une bouture de 1997 :

Première coupe :

On peut voir l’évolution sur une douzaine d’années d’un autre de ces ormes ici :
Travail de 12 ans sur un orme

* Un tilleul de Poï :

* Un acer palmatum de Diex issu d’un semis de 1989 :

Première coupe faite en 1996 :

L’arbre en feuilles en juillet 2007 :

Deuxième et troisième coupe :

Voyons les détails des cicatrisations du palmatum précédent :

* Voici 3 autres exemples, toujours sur palmatum de Diex, où la première taille a été effectuée très près de la base, de manière à chercher une conicité le plus tôt possible.

* Un sycomore de Pascal37 obtenu selon la technique :

* Un faux orme de Sibérie (Zelkova Carpinifolia) de Diex issu d’un semis de 1990 :


Les soins avant et après

Avant :

* Il faut que les arbres ne manquent jamais d’eau et que la concentration de l’engrais soit suffisamment élevée.

* Cultiver … et être patient !

Après :

* Laisser pousser jusqu’à épaississement du tronc voulu.

* Mastiquer les coupes avec un mastic (japonais de préférence).


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