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La cuisson 2007 de poteries par Patrice Bongrand

Comme en 2005 et 2006, Patrice BONGRAND nous a proposé d’assister à une nouvelle cuisson de poteries.

Celle-ci s’est déroulée les 27, 28 et 29 Juillet.

Quelques modifications ont été apportées au four (nouvelles prises d’air, refixation de quelques briques qui ont bougé, etc...).

Les pièces sont terminées, pratiquement sèches, quelques exemples :

Quelques sculptures :

Des chawan :

et des pots :

Patrice a fait de nouveaux essais et se demande si ça va fonctionner.

Plein de nouveaux essais d’émaux, mais c’est long d’étudier les formules, de peser très précisément les matières premières, puis de les appliquer sur différents pots.

Des nouveaux shino : plus mats, un essai de shino "carbone trap" (shino de base blanche avec des taches brunes et noires, galère car il nécessite de longues cuissons très réductrices. Des essais de shino céladon sur pots pour feuillus (mais il ne sait pas ce que ça va donner en raison des grosses réductions faites lors de la cuisson !) et plein d’essais de nouvelles couleurs.

Des bols (7 émaux utilisés selon différentes techniques d’application) :

Encore des bols :

Des pots à bonsaï pour feuillus (en avant plan) et quelques nouveaux pots pour pin (au fond) qui seront placés dans l’alandier :

Le four est prêt pour l’enfournement qui a débuté le 24 juillet.

Avant de débuter l’enfournement, il faut descendre tous les pots jusqu’au four :

Presque toutes les pièces (en manque 8) sont à coté du four, dans des caisses, sur les nouvelles étagères :

Puis c’est le début de l’enfournement, dans l’alandier, là où les pièces seront les plus "sculptées" par le feu et les cendres. L’alandier à été revu (un four à bois tunnel, ça travaille beaucoup à chaque cuisson), nouvelles briques de la sole et nouvelles étagères.

Dans l’alandier, il va y avoir des cendres, mais pas tellement plus que pour les pots qui sont juste après l’alandier (effet d’aspiration des flammes vers l’arrière du four, sinon il ne fonctionne pas). Le but est, pour les pots placés en bas, que les cendres fondent et coulent sur les pièces, puis le niveau de braises montant ensuite assez haut (quoique sur ce four il y ait une petite fosse plus bas, utilisée pour le petit feu (jusqu’à 900°c) et vont se coller sur les pièces et donner un aspect rugueux, voire volcanique.

Patrice connait un potier écossais qui a beaucoup de pratique pour les cuissons anagama. Il cuit ses pièces jusqu’à 5 fois, une fois dans le laboratoire (là où l’on place les pièces) puis les place dans le haut de l’alandier, puis dans le bas, puis à nouveau dans le laboratoire, puis dans la fosse, etc... Il a vu quelques unes de ses créations, c’est fabuleux le travail du feu, impressionnant, on dirait de la roche mais avec des couleurs tellement belles et d’aspects de matières, mais seuls les vrais amateurs de belles céramiques comprennent, c’est pour une clientèle avertie (galeries,etc... c’est cher, mais pas tant que ça vu le boulot).

Les étagères sont en cordiérite qui supporte 1450°c.

La première partie du laboratoire est presque remplie :

Après l’enfournement tout est fermé et les petits interstices sont colmatés.

Une dernière petite vérification avant la fermeture pour s’assurer que tout est bien en place :

James se charge de tout boucher :

Parfois, lors de l’enfournement, il y a aussi de la casse :

Et c’est parti !

- 9 h 20 : démarrage du petit feu :

Deux jeunes scouts en camp dans la vallée d’Aspe assistent à une partie du temps de la cuisson :

Le bois est bien trié, les petits bouts (allumettes) d’un côté, les gros de l’autre.

Une heure après, il y a déjà 350° devant, c’est super mais bon faut pas s’affoler, c’est le matin alors c’est normal.

James se charge un instant des opérations :

La magie de la nuit :

- 11 h 00 : la température grimpe bien. On est déjà aux alentours des 500°. Un "ploc "inquiétant s’est fait entendre, c’est sûr, il y aura de la casse. Patrice a essayé de nouvelles terres très riches en fer, ça doit être ça....

- 12 h 30 : les participants se relaient pour manger. Le four oscille vers les 600°c. James alterne la cuisson avec Patrice.

- 14 h 00 : 620°. La petite trappe du bas est ouverte pour y placer du bois.

- 15 h 00 : Tonio arrive, regarde, puis il prendra la barre.

James est aux manettes, le four grimpe joliement, mais il y a déjà trop de braise.

- 16 h 20 : 850°. Il faut faire un débraisage.

Le trio s’active :

C’est bon le four continue sa route vers les cimes. A 900°, il faudra faire une première grosse réduction.

- 18 h 30 : les 1000° sont atteints, c’est l’heure de la première réduction, on ferme la trappe de réduction d’un tiers à la cheminée et on fait une grosse charge de bois :

C’est nécessaire si on veut de beaux effets, bien que cela freine le four. Les cuiseurs alternent, ils sont super, ils cuisent comme des chefs.

- 20 h 20 : 11 heures de cuisson, le four est aux alentours des 1100°, c’est le grand feu, le four en demande plus, de nouvelles réductions sont alternées avec des oxydations, la flamme commence à sortir. Tonio est aux commandes :

C’est beau un four et un homme la nuit, tout est calme, une chouette hulule, un vent léger et tiède venant du sud souffle, le four ronfle, tout va bien !

- 22 h 20 : 13ème heure : 1200°. Patrice aux manettes, la flamme sort régulièrement de la cheminée. Puis Tonio prend la suite, une grosse réduction est faite :

- 23 h 30 : minuit, Patrice va se coucher, James prend la suite jusqu’à 3 h 30 et Tonio jusqu’à 6 h 30.
- Commentaire de James seul dans la nuit : "16ème heure, 1230°, le four stagne, ça monte ça descend ! que faire ? petit debraisage, ouf ça remonte !"

- 3 h 30 : Tonio prend la main , commentaire de Tonio : "4 h 30, 1278° le four bondit à 1300° faut que je me calme !"

Patrice se réveille et jette un coup d’oeil au four :

- 6 h 15 : Patrice arrive, on regarde par les aérateurs : en bas toutes les montres fusibles sont tombées, le pyro oscille tout va bien :

- 7 h 20 : 1260° devant. Patrice est aux commandes, le four ronfle méchamment.

- 9 h 20 : 24 heures de cuisson, la porte principale est ouverte d’un tiers pour faire de grosses charges réductrices :

Une flamme de toute beauté sort de la cheminée :

- 10 h 20 : James prend le relais, ça cuit bien, la montre fusible 1278° à l’arrière est touchée, tout va bien :

- 11 h 20 : 26 heures de cuisson, James est aux commandes depuis une heure, il charge fort le four (peut-être un petit peu trop).

- 11 h 50 : La porte supérieure est ouverte en grand et des grosses branches de pin sont chargées.

Quelques images de la beauté et de la magie du feu en action :

Le lit de braise est très haut dans l’alandier, cette photo de l’intérieur montre les hautes températures réalisées aux scintillements jaune paille brillant sur les braises :

James a fait monter le lit de braise un peu haut, mais ça peut faire des aspérités et rugosités volcaniques sur les pièces (mais pas bon pour l’intérieur des bols qui doit être bien lisse).

Il faut faire un bon débraisage puis rattaquer les cimes pour faire refondre les cendres sur les pièces (technique japonaise : on cuit, on monte, on fait tomber les cendres sur les pièces, on fait monter le lit de braise, on le fait redescendre, on recuit, on remonte, on brasse les braises, on fait durer la cuisson : c’est ce qui fait de beaux effets sur les pièces, mais quel boulot !

- 13 h 20 : 27 heures de cuisson, mais ce n’est pas fini, même si les températures hautes (1280/1300 voir 1320°) sont atteintes dans toute la première partie du laboratoire. Après une bonne grillade sur braise de four (après débraisage), les tours de chauffe sont alternés et ça chauffe fort.

- 14 h 20 : Ouverture de l’alandier relais, Patrice s’y colle, ça chauffe dur, un pyromètre est placé à l’arrière : 1180/1200°. James et Tonio font des grosses charges à l’avant et Patrice charge à l’alandier relais en veillant à ne pas trop ouvrir l’ouverture (sinon, gare au retour de flamme) :

- 15 h 20 : 30 heures de cuisson. Après une très grosse charge, les écoutilles à l’avant sont fermées, pour ne plus cuire qu’à l’alandier arrière.

Pendant que Patrice se chauffe derrière à l’alandier, Tonio et James colmatent tous les interstices et ouvertures en facade :

- 15 h 45 : les 1280° sont atteints à l’arrière, Patrice va cuire encore une heure, puis Tonio prend le relais :

Comme toutes les montres fusibles sont touchées à l’arrière et que la cuisson a continué, elle est arrêtée vers 17 h 00, soit environ 32 heures de cuisson et 4 stères et demi de bois. Tout est fermé et colmaté, la trappe de réduction fermée et le four fume de partout, quelques flammes trouvent le moyen de sortir par quelques petites fissures :

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre 4 à 5 jours que le four refroidisse.

Bon le défournement est fini et il y a de belles pièces, mais de la casse.

Ici la partie arrière du laboratoire est défournée et on voit le seau avec les cales cuites (terre à cales que l’on colle dessous les pièces à l’enfournement) et le burin plat pour les décoller :

Quelques unes des pièces justes sorties de cette partie :

De la partie avant quelques pièces sont déjà dehors, il en reste pas mal :

Le défournement continue avec son lot de : "pas mal", de "nul à chier", de "t’ain, fendu", de "à recuire", de "ah ouais, super ", de moral dans les chaussettes et d’espoirs fous pour le futur :

Une partie du résultat :

De belles réussites, des bols et des pots :

Un grand évier avec couverte shino :

L’émail sera à revoir :

Et puis un essai d’émail beige mat sur un grand pot oval (pour feuillu) :

Un autre essai sur base shino sur un petit pot :

Quelques bols chawan :

Un autre :

Le pied :

Un voilé :

L’intérieur (l’univers au fond du bol : dixit, les maitres du thé) :

Le pied :

Un bol vertical :

Bol shizen yu :

Bol avec couverte satinée shino :

Bol octogonal, shino et shizen yu :

Pied du même bol :

Puis un bol tebineri :

Son pied ouvert :

Un autre bol tebineri :

Un pot pour érables et autres feuillus, couverte shino mat :

Un autre pot avec effets de réduction et cendre :

Un pot tambour avec effets terres mélangées et couvertes naturelles à la cendre :

Un pot avec un tout nouvel émail, pour olivier ou fruitier ou certain conifère, pieds décorés :

Un pot coquille nouvelle technique :

Une très grande plaque :

Trois pots assiette emboités, mais un seul fond, hommage à Iroshima :

Un petit pot (nouvel essai de mélange de terres) pour pin et prunus, effets black des réductions pendant la cuisson :

Encore d’autres :


Vous pouvez découvrir encore d’autres réalisations de Patrice sur son site "Les ateliers Yama Goya".


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