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La cuisson 2006 de poteries par Patrice Bongrand

L’année dernière, un petit reportage avait pu être réalisé sur la cuisson des pots de Patrice Bongrand.

Une nouvelle fois, nous vous proposons de suivre les opérations.

Et c’est parti pour l’enfournement avec une vue de l’atelier :

Quelques créations :

Patrice en plein travail :

Tout est prêt, l’enfournement peut commencer :

Et ça continue :

Heureusement, la réserve de bois est prête....

Quand y’en a plus.... y’en a encore....

Les choses sérieuses vont pouvoir commencer :

- 17 h 30 : démarrage du petit feu.

Il y James,qui était déjà à la cuisson de l’année dernière, Tonio et Jérome pour qui c’est le baptème.

Le four tire super bien, la flamme est de suite aspirée dans le four, beau temps, pression atmosphérique bonne.

Patrice est tout de même un peu fatigué car derrière cette cuisson, il y a une préparation de 3 mois.

James s’y colle en premier :

et devinez de quoi ils parlent ? de bonsaï !

Mais le chef d’équipe se charge de les rappeler à l’ordre et leur demande d’observer et d’écouter le four, pour comprendre et connaître mais surtout pour sentir, parce que sinon la nuit risque d’être difficile (c’est d’ailleurs ce qui se passera !!!!).

Une heure après le four est à 200°c.

On essaie pour cette cuisson du nouveau bois : sapin, épicéa et pin et très peu de chêne qui avait posé tellement de problèmes lors de la dernière cuisson (trop braisant).

Les degrés grimpent....

Tout le monde se relaie devant le four, le feu les attire, c’est fascinant. Et le soir arrive et le feu commence sa chanson, bien que pour l’instant, ce soit le petit feu qui soit entretenu entretien avec moulte morceaux de bois.

Un petit ravitaillement en vol :

- 20 h 00 : 380°c. La cuisson continue toujours dans la petite tranchée de la partie basse de l’alandier, mais attention les gars à ne pas forcer sur la quantité de bois, sinon à un moment, il faudra débraiser.

La difficulté est de savoir faire grimper le four en utilisant au maximum l’énergie fournie par chaque morceau de bois. Il faut suffisament d’air, c’est l’échange air/flamme qui fait que ça chauffe.

Jérôme cuit pour la première fois, c’est pas facile. Trop de bois utilisé, faut cuire plus à l’économie !

- 21 h 00 : 500°c, le four continue à bien tirer. James prends à nouveau la main, ça marche, mais ça durera pas ! Heureusement maintenant il y a deux pyromètres (les sondes passent par la voute :un devant, un 1,5 mètre plus en arrière), ainsi on voit comment la chaleur migre en arrière (tiens ça rappelle le bourgeonnement en arrière des conifères, non ?). Les mêmes lois naturelles sont à l’oeuvre.

- 22 h 00 : 550°c, Le four étouffe un peu, trop de braise, gros débraisage, même à cette petite température, ça chauffe fort !

Le four chute, mais c’est pour repartir de plus belle, vive l’oxygène !!!

- 22 h 30 : Patrice fais bondir le four à 640°c en ouvrant un peu la brique du bas de l’alandier et on y glisse des allumettes (petites lamelles de bois).

Ca tourne bien, la nuit est fraiche, ya des étoiles et le four chante !!!!

- 0 h 30 : 835°c, tout le monde est là. Le chef s’en va pour essayer de dormir un peu, mais avant il donne de petits conseils : vous affolez pas, la nuit le four tire moins bien, mais s’il plafonne faudra ouvrir d’autres entrées d’air et peut être charger plus.

- 6 h 00 : : 860°c. La température n’a monté que de 25°c.
La température du four n’a pas arrêté de chuter et de remonter. Il y a eu un peu de panique. James à cuit et puis Jérome à été à la barre.

Patrice leur explique que si la température plafonne autant, c’est que le four demande quelque chose : plus d’air, il ya trop de braises, mais il ne faut plus débraiser car c’est le tampon de chaleur pour la suite. Il ne faut cependant pas s’inquiéter, rien n’a été inutile, même si le four n’a quasi pas monté, la chaleur s’est répartie dans le four.

Patrice ouvre deux aérateurs, il place deux "allumettes", brasse énergiquement la braise, et le four passe à 900°c. 20 minutes après le four est déjà à 1000°c bien tassés et çà commence à fumer ( la cheminée, pas les mecs !!).

- 6h40 On fait une première petite réduction, fermeture de la trappe de réduction à 2,5 et grosse charge, on peut voir dedans et c’est orange, on voit les montres fusibles du bas, la 1000 est pliée et la 1100 est touchée, maintenant le four grimpe grave, on rattrape les degrés de la nuit.

La lumière du jour est là, les oiseaux disent bonjour et le four est tout content, on passe de "l’oeuvre au noir à l’oeuvre au jaune" (expression alchimique adaptée).

Certains membres de l’équipe vont prendre un peu de repos.

Patrice se retrouve seul face à son feu et ça ronronne, la flamme sort régulièrement.

- 7 h 20 : 1150°c. Réduction. La flamme fait le folle pour la première fois.

- 7 h 45 : réoxydation, plus de flamme à la cheminée, 1175° au pyro devant, la montre 1200 est couchée et la 1269 à chaud aux oreilles.

- 8 h 15 : 1200° devant 1120° à l’arrière et en cul de four, la température est d’à peine 900°c. Alternance des grosses charges en bas de l’alandier et des petites allumettes dans les deux aérateurs maintenant ouverts, mais il y a encore quelques heures de cuisson.

Et voilà le "grand feu" (expression pour une cuisson au four à bois où on cuit avec beaucoup plus de bois à partir de 1000/1100°C) démarre sérieusement. Il est 9 h 00 et la température est de 1200°c devant et le troisième petit aérateur a été ouvert car le four réclamait de l’oxygène.

Ensuite, c’est le début de grosses réductions, un énorme panache de fumée noire sort avec au milieu la belle flamme orange qui danse, la montre 1300° en bas donne des signes de faiblesse.

- 9 h 30 : Le four plafonne devant à 1250° au pyro, il fait un gros palier, c’est normal, mais on voit au pyro arrière que la chaleur migre, donc tout va bien.

- 11 h 50 : Patrice ouvre la porte supérieure, c’est beau ! Il faut regarder avec les masques et les lunettes, toutes les montres fusibles sont tombées en haut, le pyro devant oscillle entre 1260° et 1280°c et 1190° derrière.

- 10 h 30 : la montre 1200° à l’arrière de la première partie du laboratoire (là ou sont les pièces) commence à être touchée.


Grosses charges, fermeture de la trappe de réduction à 3 : belle flamme qui sort de la cheminée.

- 12 h 30 : les 1280°c devant sont stabilisés et derrière on est à 1220°c. La porte est ouverte.

C’est magnifique et magique là dedans. Il n’est pas possible de regarder longtemps.

- 12 h 45 : Le four atteint les 1330°c. Il faut ralentir le mouvement. Vite fermer la trappe de réduction à 3.5. énorme colonne de fumée noire de 15 mètres de haut et au milieu une flamme qui crépite de joie, c’est beau, le four retombe à 1295° devant et 1240° à l’arrière.

- 13 h 48 : Patrice avait repris la main, 15 minutes pour ralentir. 1315° devant, 1255° à l’arrière.

- 14 h 15 : la montre 1280° à l’arrière est couchée, maintenant la cuisson se fait uniquement par la grande ouverture.

- 14 h 40 : 1300°c devant stabilisé, 1270°c à l’arrière. Les petits aérateurs sont fermés. Du chène et de l’épicéa sont ajoutés, faut que ça fume.

- 15 h 50 : De très grosses charges sont faites à l’avant, l’alandier est ouvert. Il fait déjà très chaud à l’arrière, en 20 minutes les 1280° tout à l’arrière sont atteints.

La trappe et toutes les ouvertures de l’alandier de devant sont fermées au torchis. Patrice continue la cuisson uniquement à l’arrière.

- 17 h 30 : 1300°c partout. Patrice arrète la cuisson. Mais il a quelques doutes... est ce assez ? angoisses !

Le lendemain à 8 h 00 du matin, le four est encore à 600°c.

Et le moment du défournement, moment attendu avec tant d’impatience et de peur....

Fatigué Patrice, mais heureux.


Vous pouvez découvrir encore d’autres réalisations de Patrice sur son site "Les ateliers Yama Goya".


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L’article de la cuisson de 2005


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