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GREFFES SUR GENEVRIER

Les photos de cet article ont été prises lors d’un stage du club de Lorient qui a eu lieu en janvier 2004 avec Alain Arnaud aux commandes
Photos et commentaires réalisées par Antonin

Comme vous pouvez le voir sur la première photo, le feuillage de ce genévrier était bien trop loin pour pouvoir être exploité directement. Il aurait fallu tordre les branches dans tous les sens, ce qui n’aurait pas été du plus bel effet.

La base de l’arbre est intéressante et présente un beau potentiel, avec un diamètre au collet dépassant les 20 cm (Photo 2). Il a donc été décidé de greffer cet arbre par approche, même si les greffes de ce type se réalisent en général mi-février.
L’idéal est de travailler un sujet qui a un bon pain racinaire et qui a recu beaucoup d’engrais. Quand on pratique ce genre d’opération, il faut se contenter de ne faire que les greffes et laisser le plant tranquille pendant un an afin qu’elles prennent bien. C’est seulement après cette période que l’on pourra retravailler le sujet.

Photos 3 et 4 : Préparation du greffon. Celui-ci n’est pas des plus épais. Il s’agit de le peler sur les deux faces, en dépassant le cambium pour arriver jusqu’au bois. L’opération doit s’effectuer avec un greffoir ou un autre outil très bien aiguisé et désinfecté. En effet, si la coupe n’est pas parfaite, la greffe ne pourra pas prendre.
Par ailleurs, la longueur de coupe doit être adaptée à la coupe du porte greffe.

Photo 5 : Préparation du porte-greffe. C’est la même chose que pour la greffe : Une coupe propre, nette et franche, réalisée en une fois.
Il est aussi important d’observer l’angle de coupe : Ni trop profond, ni trop superficiel. La coupe doit elle aussi dépasser le cambium pour arriver jusqu’au bois.
Au Japon, il existe des professionnels de la greffe, qui ne font que ça. Le geste doit en effet être précis pour n’avoir aucune cicatrice par la suite. Les grands maîtres louent leurs services pendant quelques jours pour effectuer les greffes nécessaires. C’est tout un art pour faire du bon travail, il faut le « coup de main », qui ne s’acquiert qu’avec l’expérience.

Photo 6 : Le greffon, préalablement ligaturé pour pouvoir l’amener jusqu’à l’entaille, est inséré. Vous pouvez voir que la coupe du greffon est légèrement trop longue. C’est pour cette raison qu’on y appliquera du mastic. Pour une pose parfaite, les cambiums des deux parties doivent impérativement être en contact par la plus grande surface possible.

Photo 7 : Solide fixation du greffon à l’aide de raphia. Cette opération délicate nécessite deux personnes.
Si le greffon est serré trop fort, il risque de s’incruster et donc de freiner la circulation de sève, mais il doit l’être suffisamment pour ne pas bouger. En effet, un déplacement de quelques dixièmes de millimètres dans les mois suivants aurait pour conséquence l’échec de la cicatrisation. C’est pourquoi d’autres liens de fixation seront aussi utilisés.

Sur la photo suivante, nous voyons la deuxième greffe de ce plant. Le porte-greffe coïncide parfaitement avec le greffon. Ici elle est attachée par une ligature pour la fixer.

Deux autres vues permettant de montrer l’insertion.
Ces greffes ne doivent pas être taillées tant que l’on n’est pas sûr de la reprise et une fois qu’on les aura coupé à l’endroit du contact, il faudra encore les laisser pousser librement afin de faciliter la cicatrisation

L’ensemble est solidifié avec du Téflon. D’autres matériaux peuvent être utilisés, mais c’est ce que nous avions sous la main à ce moment-là.

Une vue de la future face avant. La partie gauche a été travaillé en bois mort.

L’arbre sera ensuite mis a l’ombre et à l’abri du vent pour pouvoir se refaire une santé sans problème...

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