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Evolution d’orme sur une douzaine d’années

Antonin nous propose de suivre l’évolution d’ormes du japon (Ulmus parvifolia nire) de la bouture à la mise en pot de culture "pré-bonsaï"

-1- Le bouturage

  • La mise en caisse de culture pour une bonne reprise

    • en 1998,les boutures

- réalisées en caisse,avec de petits rameaux de quelques centimètres. Il faut un minimum de trois yeux et tailler droit sous un oeil.
- repiquer en terre en prenant soin de placer un à deux yeux en terre, autant à l’air libre.
- Il est possible de pratiquer cela en fin d’hiver pour une question pratique (je taille, je repique), mais il y a plus de réussite à les réaliser en juin, en vert, sous cloche.
- utiliser un substrat de reproduction neutre avec hormones de bouturage, quasiment 100% de réussite.
- exemple de substrat possible : tourbe, sable ( granulométrie moyenne), parfois selon l’humeur de la vermiculite ou de la sphaigne. L’akadama peut très bien convenir également.

  • après reprise, mise en godet

Laisser passer la saison de pousse, et en général soit à l’automne soit au printemps suivant, placer les boutures en godet.

    • exemple de bouture bonne à mettre en godet :

C’est une étape importante car cela permet de sélectionner les racines, tailler un éventuel pivot et surtout mettre les racines déjà bien à plat, ce qui va nous faire gagner énormément de temps au niveau nebari.

Laisser le plant en godet le temps qu’il fasse une motte, c’est à dire qu’il soit bien établi, un à deux ans.

Après un à deux ans en godet, la motte est bien en place, on peut donc pratiquer la mise en pleine terre. La ligature est placée soit entre la première et la deuxième année de culture en godet soit lors de la mise en terre.

    • exemple de plant de 2 ans non ligaturé :

    • exemple de plant de 2 ans légèrement ligaturé :

- Si l’on souhaite faire un plan relativement grand, il faut ligaturer large.

- A l’inverse, si l’on souhaite faire plus petit, autant faire plus de courbes sur un plus petit espace.

-2- La culture en pleine terre

Les plants vont être placés en pleine terre pendant quatre ans.

  • avant la mise en pleine terre

Il y a une taille de racine à réaliser afin d’équilibrer les forces de chacune d’elles et bien les mettre à plat lors de la mise en terre (toujours dans le but final d’obtenir une distribution étoilée des racines autour du collet de l’arbre)

  • travaux à réaliser pendant la période de pleine terre
    • exemple d’orme en pleine terre après 4 années sans travaux :

L’intervention sur certains plants au niveau racinaire pendant la période de pleine terre est nécessaire lorsqu’il n’y a qu’une ou deux grosses racines qui prennent toute la force de l’arbre.

C’est possible sans sortir le plant de terre, en dégageant le nébari, ensuite on coupe les racines trop fortes.

Il faut également intervenir régulièrement pour gérer la force des branches, ou la continuité du tronc.

La pousse est tellement forte, qu’avec un décalage d’un mois sur la taille, tout le travail peut être perdu, car le grossissement est trop important.

Cela ne pose pas de problème de tailler une grosse branche en juin ou juillet.

Les ligatures, s’il y en a, sont à surveiller de près pour les mêmes raisons, mêmes si ça ne pose pas de problème qu’elles s’incrustent un peu trop, l’arbre étant au début de sa croissance.

- Autre élément à surveiller après la taille des racines : le tronc.

En effet, suite à une taille importante sur une partie très vigoureuse, il se forme une multitudes de bourgeons. Il y en a tellement qu’on peut ne plus voir une section de 5-8cm et ces bourgeons poussent entre l’écorce et le bois

    • exemple :

- Une importante sélection est à faire alors :

Garder volontairement plus de bourgeons qu’il n’en faut après une première sélection, ce qui permet de faire travailler bien plus vite la cicatrice, tout en donnant plus de vigueur à une ou deux pousses qui constitueront la continuité de la section (celles qui sont appelées à rester par la suite). Mais attention au bourrelet trop important qui risque de se former si on en laisse trop, trop longtemps.

Ce qu’il faut bien savoir sur l’orme, c’est qu’il fait des bourgeons en "arête de poisson", c’est à dire à droite et à gauche d’une branche.

Finalement, si rien n’est fait sur un plant, on a un tronc et des branches à droite et à gauche, sans rien devant ni derrière, ce qui pose problème dans l’optique de travailler l’arbre comme un futur bonsaï.

    • voici deux photos pour illustrer cela :


-3-La sortie de terre

    • Sortie de terre en février 2004 d’ un plant issue de boutures faites en 1998 :

    • Le même plant une fois les racines lavées, triées et taillées :

    • puis, à nouveau, une grande période de culture, non plus en terre, mais en conteneur de grande capacité :

A ce moment là, le substrat est composé de terreau tamisé, d’écorces de pins compostées et de graviers. Pendant les trois années suivantes, le but est de former les branches charpentières, puis les ramifications par des périodes de pousses et de sélections (tailles) successives.

  • Quelques photos pendant cette période :
    • l’arbre à l’été 2004

    • l’arbre à l’hiver 2005

    • l’arbre à l’été 2006

-4- L’arbre en pot à bonsaï

3 à 4 ans après la sortie de terre

    • Le voici présenté lors d’un atelier de travail "l’arbre et le geste" à Lorient en juin 2008 :

    • et pour le plaisir, l’aspect du tronc...

Encore un bel exemple de patience...

A voir et revoir ici

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