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Comment et pourquoi tailler les racines ?

D’après le texte original « Root pruning and why » de Vance Wood, USA, http://www.knowledgeofbonsai.org/pr...


Traduction effectuée par Amaethan, membre du forum Parlons Bonsaï.


PREMIERE PARTIE


Un sujet assez méconnu dans la pratique du bonsaï est l’art de bien tailler les racines. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser de près aux bonsaï, la taille des racines n’était absolument pas un sujet courant ; jamais on avait entendu un horticulteur aborder ce sujet. Cette pratique très rare était alors comme empreinte de magie et n’était utilisée que dans l’art du bonsaï où elle permettait de conserver à l’arbre sa petite taille. Quand la relation avec la culture est limitée au simple fait de mettre les plants en terre ou dans des caisses de culture, l’idée de tailler continuellement les racines d’un arbre peut devenir aussi traumatisante pour celui qui le fait qu’elle semblerait l’être pour l’arbre. Personne n’avait jamais dit et encore moins écrit que la taille des racines ne rend pas l’arbre petit, mais que cela permet de le garder petit. De même, la petite taille n’était due qu’au confinement de l’arbre dans son pot.

Le travail des racines n’entrait pas du tout en ligne de compte à l’époque, il était oublié, inexistant. C’est pourquoi la plupart d’entre nous abordent encore aujourd’hui ce sujet avec pas mal de craintes et un grand manque d’informations sur la manière de procéder. Pourtant, le principe de base est très simple : la taille des racines, lorsqu’elle est opérée correctement, ne pose aucun problème, pourvu que certaines choses soient bien comprises et que le timing (saison) soit approprié.

Avant de commencer, il est primordial d’avoir une idée concrète de ce qu’est un système racinaire et de sa manière de fonctionner. Afin de ne pas faire trop compliqué et de rester compréhensible, disons que normalement le système racinaire de notre arbre doit répondre à deux objectifs : le premier est d’ancrer l’arbre dans le sol et le second est de faire monter et descendre l’eau et les nutriments vers les parties hautes et en pleine croissance de l’arbre. Il est important de bien se rendre compte que l’activité la plus cruciale pour la vie et la santé de l’arbre se passe donc sous le niveau du sol, aux extrémités même des racines, dans les fines radicelles. Ces fines radicelles représentent environ 30% de la masse totale des racines, 90% des racines sont principalement dédiées à l’ancrage de notre arbre et environ 75% de la masse totale des racines se trouve au dessous du niveau du sol.

Pour la culture du bonsai, le but sera de parvenir à ce que les 30% de fines radicelles deviennent à terme 90% de la masse totale des racines. En suivant les indications ci-dessus à propos de la nature d’un système racinaire, il est évident que tout ce qui pousse n’est pas plus indispensable à la survie de l’arbre que de le garder en terre. Alors que dans la nature, les racines qui ont pour but d’ancrer l’arbre dominent en général le système racinaire de l’arbre.

La difficulté dans l’apprentissage du bonsaï est de stimuler correctement l’apparition des petites radicelles qui nourrissent l’arbre et d’obtenir une multiplication jusqu’au point où les grosses racines deviennent superflues. Dans la nature, lorsqu’un arbre pousse, il produit des racines qui reflètent plus ou moins bien ce qui se passe dans sa partie supérieure, à savoir une structure de branches principales larges qui se divisent en branches secondaires moins épaisses et qui à leur tour sont divisées en un branchage plus fin avec pour terminaison le feuillage ; sous le sol ce sont les fines radicelles dédiées à la nutrition qui terminent la structure de cette fine ramification.

Cette équivalence dans la relation dessus/dessous de la masse n’est pas seulement nécessaire pour nourrir l’arbre en quantité suffisante à ses besoins mais permet également d’ancrer l’arbre et en empêcher sa chute en fonction et en relation plus ou moins directe avec son poids et pouvoir ainsi contrer les attaques du vent qu’il va endurer tout au long de sa vie. Le but est donc de forcer l’arbre à remplacer ses grosses racines destinées à l’ancrage par un réseau de fines radicelles très efficaces pour nourrir notre arbre et qui du fait de leur abondance ancreront l’arbre aussi bien que les grosses racines le font dans la nature.

La plupart des livres nous expliquent à l’aide de belles photos et de beaux schémas ce qu’il faut supprimer et qu’elle quantité de sol garder pour rempoter ainsi que le substrat idéal. Ce qui se passe en réalité est souvent à mille lieux de ces belles illustrations et explications. Au Japon, les revenus des professionnels dépendent de la qualité des plants qu’ils proposent et la plus grande partie de leurs production est destinée au marché de la production du bonsaï. Cette qualité dépend grandement du traitement approprié aux racines pour en faire un bonsaï.

Les Japonais n’ont donc pratiquement jamais rencontré d’horribles systèmes racinaires auxquels nous occidentaux sommes habitués ; nombre de nos arbres proviennent de pépinières non spécialisées en bonsaï et du coup la majorité de nos bonsaïs en sont issus. L’importation de plants de qualité en provenance du Japon est devenue plus difficile en raison des réglementations que le gouvernement a introduites et il n’est pas non plus donné à tout le monde d’aller prélever en montagne des spécimens de qualité. Bien que beaucoup mettront en avant les qualités des plants de pépinières pour nos futurs bonsaï, n’oublions pas qu’il subsiste d’autres alternatives, à savoir cultiver nous même nos bonsaïs depuis la graine.

Si vous regardez les photos de bonsaï sorties d’une de ces innombrables publications dédiées au sujet, il apparaîtra bien vite que quelque chose de drastique doit être mis en oeuvre pour que notre plant de pépinière puisse rentrer dans un de ces pots à bonsaï si peu profond. En général, deux approches différentes sont souvent mises en oeuvre par le débutant. L’une correspond au groupe des craintifs qui n’osent pratiquement pas supprimer la terre d’origine et pour l’autre il s’agit de ceux qui vont couper tout ce qui gène afin de faire rentrer le plant au plus vite dans le pot à bonsaï. Le premier groupe n’atteindra jamais son but et le second groupe se retrouvera presque à coup sur avec un arbre mort en sautant des étapes et en voulant atteindre son but beaucoup trop vite. En fait tous deux souffrent d’un cruel manque de connaissances.

La plupart de ces erreurs sont dues à la pénurie d’explications dans la majorité des ouvrages traitant du bonsaï et décrivant la manière adéquate d’obtenir et de développer correctement un système racinaire approprié au bonsaï ainsi que de prévenir de façon réaliste le genre de mauvaises surprises que l’on peut s’attendre à rencontrer tout au long de ce processus. Le système racinaire propre au bonsaï est bien évidement un élément de culture mais il ne se développera pas correctement s’il n’y a pas eu d’intervention de l’homme.

Ce processus doit être exécuté en plusieurs étapes réparties sur plusieurs années et nécessitera plusieurs rempotages où chaque fois une coupe sélective et rigoureuse des racines pour une raison préétablie sera exécutée ; on n’appliquera donc pas une recette sortie tout droit d’un livre consistant à supprimer X quantité de terre et Y pourcentage de racines sans même y réfléchir. Cependant, si vous démarrez avec un système racinaire déjà développé pour le bonsai, cette approche peut néanmoins être appropriée, mais nous ne parlons pas ici de pré-bonsaï de qualité mais bien de plants bruts de pépinière initialement destinés à être utilisés en paysagerie.

On rencontre le même problème pour toutes les utilisations se basant sur des plants de pépinières ou des plants prélevés mais la raison en est pourtant tout à fait différente. Le problème est la nécessité, dans le temps, de complètement remplacer et refaire pousser un système racinaire approprié. Pour le cas de l’arbre prélevé, le système racinaire est bien trop petit ; dans le cas d’un plant de pépinière, il est généralement trop fourni et souvent complètement emmêlé, envahissant, et en grande partie inutile pour la création d’un bonsaï.

On constate bien souvent qu’un plant de pépinière qui pourrait parfaitement convenir pour la création d’un bonsaï ne convient pas pour la création de paysage ou pour l’aménagement d’un parc ou d’un jardin. Il est donc très probable que l’arbre sélectionné et acheté ait longtemps séjourné dans la pépinière où il était ignoré et abandonné. Finalement, que l’on soit armé d’une baguette chinoise ou d’une fourchette à racines, cette énorme boule de racines entremêlées restera impénétrable et sans espoir, c’est pourquoi une approche selon la recette toute faite généralement trouvée dans les différents ouvrages traitant du sujet se résultera par un échec à coup sûr. Le stress engendré par le déchirement et l’arrachage des racines lors de la suppression de la terre ou de l’ancien substrat laissera notre arbre sans ressources dans un état de choc extrême duquel il ne sera pas capable de se remettre.

Ayant passé pas mal d’années à travailler avec ce type de plant, j’ai tout naturellement développé une méthode de travail appropriée. La première chose et de loin la plus importante est de se procurer ou de construire une caisse de culture bien perforée sur les cotés et le fond. Ce type de caisse ou de pot va fortement accélérer le développement des fines radicelles tant convoitées. Il y a même au Japon un maître qui utilise pour ce faire des passoires destinées à égoutter les pâtes. D’autres utilisent les containers perforés destinés aux plantes pour bassins et étangs alors que certains vont plutôt utiliser des pots de culture directement étudiés pour la production de bonsaï.

Quel que soit le choix que l’on fasse, il faut savoir que remettre un arbre ou un plant en pleine terre, bien que dans certains cas utile, ne fera que ralentir le processus de développement du fin système racinaire, car une fois en terre il est très facile pour l’arbre de continuer la production de grosses racines celles-là mêmes que l’on s’évertue à supprimer. Les passoires et autres contenants perforés forcent l’arbre à produire des fines racines en contraignant le développement incontrôlé de ces grosses racines lignifiées. Deux éléments permettent d’y arriver : l’air et la lumière. L’air car toute racine s’approchant ou sortant du périmètre des bords de notre pot va inévitablement s’assécher, impliquant du coup une division plus en arrière là où la racine est encore bien vivante. La lumière car lorsqu’une racine perçoit la lumière du soleil elle va se retirer du fait de la destruction des auxines. Il en résulte une production considérable de fines radicelles. Le développement des grosses racines est donc efficacement contré dans ce genre d’environnement et ce sans même recourir à de grosses interventions qui choquent l’arbre. Je pense qu’une continuité dans le travail des racines est nécessaire de la même façon que celle qui s’occupe des parties supérieures de l’arbre.

Ma méthode consiste à enlever l’arbre de son pot, gratter le dessus de la motte et supprimer le substrat jusqu’à ce que les racines apparaissent, alors à l’aide d’une scie ou d’un couteau bien aiguisé je supprime 1/3 ou carrément la moitié de la masse restante de substrat enchevêtrée de racines. Ensuite, l’arbre est planté dans la caisse, la passoire, le container ou le pot de culture approprié et il y reste 3 saisons sans qu’on n’y touche plus.

Trois saisons plus tard, l’arbre est sorti de son pot et les restes de l’ancien substrat bien visibles dans le pain racinaire sont à leur tour traités. Les plus grosses racines sont taillées le plus court possible, ainsi il ne reste pratiquement plus que de fines radicelles ; à nouveau on rempote l’arbre dans son contenant pour 3 saisons, on n’y touche toujours pas et ensuite ce processus est répété. La totalité de l’ancien substrat pourra alors éventuellement être retirée et toutes les grosses racines sont définitivement supprimées à l’exception de celles à la surface qui participent bien entendu au visuel du bonsaï. En général, il faut 2 à 3 cycles de ce type avec le genre de pots préconisés pour que le nouveau système racinaire soit mis en place et que le plant puisse survivre dans un vrai pot à bonsai. Une fois que le développement des fines radicelles est bien avancé, il est à nouveau possible de diminuer de manière significative la profondeur de la masse de l’ancien pain racinaire, après un premier cycle, je supprime souvent 50% de cette masse.


DEUXIEME PARTIE

Les deux pires scénarios que l’on risque de rencontrer, lorsqu’on travaille à partir d’arbres de pépinières sont pour l’un, une motte de glaise dans laquelle sont prises les racines et pour l’autre un enchevêtrement concentrique et étagé des racines, ces deux scénarios sont typiquement dus aux traitements infligés aux arbres de pépinières qui sont destinés à la vente.

Notre premier cas, la motte de glaise compacte provient d’un arbre mis sur le marché dont la motte est empaquetée dans une toile de jute. Ces arbres ont poussé dans un sol très lourd avec une forte teneur en argile. Le but recherché est d’obtenir une masse de substrat capable de tenir en un bloc et qui, lors de l’empaquetage et de l’envoi, sera peu enclin à bouger (les racines y sont fermement maintenues). La plupart de ces arbres auront à endurer des traitements sévères et il n’est pas rare de les larguer depuis la porte arrière camion (h=+/- 1m) jusqu’au le sol, c’est pourquoi le type de substrat utilisé en bonsaï serait ici totalement inadapté. Ayant par le passé travaillé dans une de ces pépinières spécialisées, j’ai moi aussi pu voir ces différents traitements. L’argile retient également beaucoup mieux l’humidité que d’autres substrats plus poreux ou drainants, il permet donc de laisser l’arbre sans aucune autre protection quelques heures sous un soleil de plomb sans pour autant qu’il ne subisse de gros dégâts.

Très souvent, les arbres de pépinières se trouvent dans des containers de 5 Gallons (18,925litres) ou plus, on y trouve une motte centrale de glaise sans pourtant y retrouver le filet de toile de jute. Cela vient du fait que la plupart des arbres recherchés pour la culture en bonsaï n’ont pas les caractéristiques nécessaires pour en faire des arbres dédiés à l’aménagement paysager et bien souvent ces arbres restent donc invendus et traînent plusieurs saisons puis sont finalement placés dans des containers plus grand car le sac de jute enveloppant leur motte s’est désagrégé.

L’autre situation régulièrement rencontrée est un enchevêtrement concentrique et étagé des racines, ce genre de problème est ennuyeux et difficile à résoudre. Lorsqu’un arbre pousse dans un petit container souvent les racines s’entremêlent et lorsque vient le moment de rempoter l’arbre, les ouvriers des pépinières ont rarement le temps de défriser cette boule de racines, du coup l’arbre est simplement enlevé de son pot pour être mis dans un autre pot plus grand. Si l’arbre est vraiment resté longtemps sans être vendu il est possible qu’il ait subi ce traitement plusieurs fois, passant ainsi d’une pelote de racines emmêlées vers une autre plus grande pour finalement arriver dans une situation ou les racines encerclent l’arbre de plusieures couches successives, un peu à la manière dont est construite une balle de base-ball.

Dans les deux cas, il est nécessaire de remplacer la majorité de la structure racinaire en place au profit d’une autre plus adaptée, le problème le plus difficile à régler est l’enchevêtrement concentrique et étagé des racines, c’est par ce problème que nous allons donc commencer. Du fait de son développement en plusieurs couches, j’ai élaboré un traitement par étapes, ça me semble plus approprié et comporte moins de risques, la première étape est décrite dans la partie précédente, c’est à dire que l’on dégage la partie supérieure jusqu’à ce qu’apparaissent les racines latérales puis à l’aide d’un bon couteau ou d’une scie on supprime un tiers voire la moitié de la profondeur totale de la masse de cet agglomérat de substrat et de racines. Cette coupe est faite horizontalement. Ensuite je conseille de mettre l’arbre dans un container de culture pour 2 ou 3 ans afin de développer un fin système racinaire qui lui permettra de survire aux prochaines épreuves qu’il devra endurer.

Au début de la 3ème ou 4ème saison l’arbre est sorti de son pot de culture perforé et on entame enfin la suppression de l’ancien substrat qui date encore de sa culture à la pépinière. C’est un travail assez délicat car le but est de supprimer le vieux substrat sans importuner les nouvelles racines vivant dans le nouveau substrat. Pour illustrer cet exemple d’une métaphore, je dirais qu’il vous faudra supprimer le trou du beignet.

Si l’arbre fut traité comme il se doit lors du 1er rempotage, il aura développé une bonne masse de nouvelles racines dans son nouveau substrat. Je trouve que la meilleure manière pour supprimer le noyau de racines emmêlées en son centre est de le traiter avec un jet d’eau à haute pression avec le tuyau d’arrosage. Je démarre tout près de la base du tronc et je travaille en m’en écartant doucement jusqu’à ce que j’arrive au point ou le nouveau substrat commence. Bien entendu le nouveau substrat ne doit absolument pas être enlevé et le moins possible dérangé.

Une fois cette étape terminée le problème décrit plus haut est parfaitement visible. L’intérieur de la masse des racines aura l’apparence d’une série de nids d’oiseaux placés les uns dans les autres. Nous avons déja établi que nous devons encourager le développement du fin système racinaire au détriment des grosses racines non productives, pourtant dans la culture du bonsaï des grosses racines en surface sont nécessaires pour obtenir l’impression d’un arbre vraiment mature bien que miniaturisé. La base du tronc comprenant le départ des grosses racines est appelée le « Nébari » -terme Japonais- et pour qu’il soit réussi, les racines doivent irradier depuis le tronc vers l’extérieur à la manière des rayons d’une roue ou d’une étoile.

Revenons-en à notre beignet doté d’un arbre en son centre et lui même encerclé d’une série de nids d’oiseaux imbriqués les uns dans les autres. C’est maintenant que l’on doit déterminer lesquelles des grosses racines sont importantes pour l’esthétique du nébari et lesquelles ne le seront pas et donc seront supprimées, toutefois certaines des grosses racines pourront être greffées si cela se révèle nécéssaire pour sa construction.

Certaines racines importantes pour le nébari et nécessitant un redressement devront être manipulée avec une extrême prudence, surtout si elles en font directement partie. Peut-être même qu’il va parfois falloir déplacer le nouveau substrat pour les en libérer. D’autres racines sont exagérément longues mais ont néanmoins une subdivision avec une racine secondaire plus près du tronc, il est possible de les raccourcir. Si par contre la surface est marquée de vides ou de larges trous à combler il sera possible d’y tenter une greffe à l’aide d’une des autres racines sélectionnées parmi celles à couper. Il faut avant tout bien localiser l’endroit où la racine va être placée, on y opère une incision à la base du tronc jusqu’à ce que la couche de cambium (couche d’un vert vif située sous l’écorce) soit touchée. Ensuite on approche la racine choisie pour la greffe de l’endroit où le cambium est apparent (attention la racine approchée de l’endroit n’est pas coupée, elle est seulement pliée en arc pour pouvoir s’approcher de l’endroit par le dessus ), ensuite on opère une découpe dans le cambium de la racine que l’on fixe en place à l’aide d’un fin clou ou d’une punaise appropriée. La greffe devra être hermétiquement scellée à l’aide d’un mastic adéquat.

Après cette opération, votre arbre aura une drôle d’allure avec des espèces de tentacules de pieuvre sortant du sol pour venir rejoindre un emplacement à la base du tronc. Une fois que la greffe aura pris, elle sera coupée assez près du tronc mais en laissant toutefois un petit morceau ressortir, ce n’est qu’une fois que ce petit morceau aura tout à fait séché qu’on pourra le couper à ras du tronc. Il est possible que cette opération prenne 2 ans mais si la racine reste bien active durant toute une saison de pousse, ce sera probablement déjà suffisant. N’essayez pas d’appliquer cette technique à de trop grosses racines, il est préférable d’utiliser des racines un peu plus fines et bien plus fléxibles, sur lesquelles les risques de casse sont déjà moins probables. J’utilise encore et toujours cette technique qui fonctionne très bien à condition que la torsion effectuée lors de la mise en place de la racine ne l’ai ni fissurée ni cassée. Ensuite il faudra raccourcir ou supprimer la moitié des grosses racines qui ne sont nécessaires ni pour l’apport des nutriments ni pour le l’esthétique de notre arbre.

Après toutes ces opérations l’arbre est à nouveau placé dans un pot de culture et du nouveau substrat est ajouté là ou l’ancien à été supprimé lors de l’arrosage sous pression. L’arbre restera dans cette position pendant 2 années au terme desquelles on répétera à nouveau le traitement. A ce stade il sera possible de mettre l’arbre dans un pot de bonsaï si les différents critères nécessaires sont atteints (réduction des aiguilles, réduction du feuilles et ramification avancée,etc...) si ce n’est pas encore le cas il est préférable de le remettre dans un pot de culture.

Maintenant tout le monde se demande comment traiter le second cas, les plants de pépinières ayant une motte de glaise. Il vous suffit de les traiter comme dans la méthode précédente à la différence près que vous n’aurez pas à affronter les problèmes des couches de racines concentriques cités dans cet exemple. Toutefois la technique de greffe de racines peut ici aussi être très utile.


Tous nos remerciements à Vance Wood qui a autorisé la traduction et la publication de son article sur le site de Parlons Bonsaï et à Amaethan pour la traduction.

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