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Cédre - fiche générale

Traduction d’un article de Sabrina Caine sur le site du Bonsaï Club International, par Anjin San. (cliquer sur le lien pour lire en version originale)

Généralités

Famille : pinaceae


Observations générales :

- Informations Générales :

Avant d’exposer ce qu’est un cèdre, je ferais peut-être mieux de dire ce qu’il n’est pas. Le "Cèdre rouge oriental" n’est pas un cèdre du tout, c’est un genévrier – Juniperus virginiana (qui de fait est le cèdre rouge utilisé comme "bois rouge odorant"). Les "cèdre blanc oriental" et "cèdre rouge occidental" ne sont pas des cèdres non plus, mais des "arbres-de-vie" – Thuja occidentalis et Thuja plicata, respectivement. Le cèdre à encens – Calocedrus decurrens – s’en approche mais n’est pas un cigare. Le cèdre japonais est Cryptomeria japonica.

Quand un cèdre n’est-il pas un cyprès ? Quand c’est un Chamaecyparis. Pour ajouter à toutes ces confusions magnifiques, il y a Chamaecyparis lawsoniana, le "cèdre de Port Orford", et Chamaecyparis thyoides, le "cèdre occidental" ou "cèdre blanc", qui sont considérés comme "faux –cyprès" (et pourquoi pas des faux-cèdres ?).

Ces distinctions sont vitales pour la culture des Cedrus. Les besoins en eau sont très différents pour un Cedrus par rapport à un faux-cyprès. Quant à confondre Cedrus et Thuya ? Cedrus aime le chaud et sec, et a une réputation d’arbre susceptible et difficile à satisfaire (quoique ceux qui le cultivent dans un climat proche du méditerranéen qui est le leur rapportent de bons succès), alors que Thuya peut probablement être fortement maltraité et passer quelques jours au frigo, ce que bien sur je ne le recommande quand même pas.

Le plus facile pour éviter les confusions est probablement de se rappeler que le genre Cedrus ne se compose que de 4 espèces. Ils ont tous des aiguilles pointues, comme les pins, les épicéas et les sapins. Les imposteurs à l’exception de Cryptoméria ont tous un feuillage en écailles, "comme des palmiers" à maturité (famille des Cupressaceae). Tous les vrais cèdres ont leur origine dans l’Ancien Monde – Méditerranée et Himalaya. Les cèdres sont de grands arbres à feuillage persistant, à l’écorce grise - lisse au départ, plus rugeux avec l’âge – et des cônes lignifiés érigés sur les branches. Les cônes ne tombent pas, mais se désagrègent sur les branches. Le bois de cèdre a historiquement eu une grande importance commerciale et reste populaire aujourd’hui pour son parfum.

Luminosité : plein soleil

Rusticité : la plupart auront besoin de protection contre le gel. A protéger contre le vent pour éviter la perte de branches dans les climats plus froids.

Arrosage : modéré en été, à réduire au fur et à mesure qu’il fait plus froid. Laisser sécher modérément entre deux arrosages. Les aiguilles jaunissent en cas d’arrosage trop généreux.

Engrais : toutes les deux semaines au printemps et en été, mais ne pas en donner au plus chaud de l’été.

Rempotage : tous les 3 à 5 ans au printemps, de préférence avant que les nouvelles radicelles poussent, de février à avril, dans un mélange très drainant. Les cèdres n’aiment pas être dérangés au niveau des racines, ne rempotez donc que quand c’est nécessaire. Cedrus atlantica v. glauca en particulier y est très sensible et demande davantage d’humidité pour éviter de laisser tomber des aiguilles. En cas de chute d aiguilles, de nouveaux bourgeons devraient rapidement se développer. D’après Isabelle et Rémy Samson, il faut éviter de dénuder les racines lors du rempotage.

Taille et ligature : pincer les nouvelles pousses. Les tailles sévères sont à éviter, le cèdre mettant assez longtemps à cicatriser. Si nécessaire, il est probablement plus attractif de former des jins à partir des branches à couper, plutôt que de se retrouver avec un tronc plein de cicatrices. Brent Walston a developpé la méthode suivante pour développer de gros troncs de cèdre (ndt : à partir de yamadori je pense, sinon ceci n’a pas trop d’intérêt dans le contexte "pour faire grossir" – en fait, ce qui suit est une description de travail de shari) :

Décidez de la taille désirée de votre arbre, 6 fois le diamètre du tronc est l’idéal, mais vous pouvez vous accorder un peu de jeu parce qu’il va grossir pendant sa culture. Ensuite partez à la recherche du point de taille idéal à la bonne hauteur, personnellement je recherche une suite d’internoeuds rapprochés à la hauteur que je m’étais fixée, ce qui donnera un bon apex. Environ 15 cm au-dessus de ce point, coupez le tronc à l’arrière, de bas en haut à 45º, environ jusqu’à mi-chemin. Puis attrapez la tête et cassez-là en avant, tirant le bois et l’ecorce vers le bas. Vous pouvez le tirer jusqu’où vous voulez, jusqu’au nebari, mais pas plus bas au risque de provoquer la pourriture des racines. Arrivé au point que vous aurez décidé, arrachez, cassez, tournez, et forcez la rupture. Il sera peut-être nécessaire de couper un peu, mais le casser sans outil donnera un aspect plus naturel. Puis avec des ciseaux suffisamment costauds, entaillez la tête du tronc verticalement plusieurs fois, de façon à pouvoir tirer des fibres de bois avec une pince, jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de coupe. L’effet recherché est celui d’un arbre frappé par la foudre. En ce qui me concerne, j’attrape les fibres avec la pince et au lieu de les tirer directement, les enroule doucement en faisant tourner la pince, on peut mettre beaucoup plus de force de cette façon.

La ligature peut avoir lieu à tout moment les branches mettront du temps pour prendre la position, comptez laisser les fils entre 3 mois et un an. Vérifiez souvent, pour éviter l’incrustation des fils…

Reproduction : Par semis : laisser mariner 48 heures préalablement à la stratification froide d’un mois. Mon expérience est que les semis risquent de fondre, rajouter quelques goûttes d’eau de javel peut être nécessaire. Semis au printemps, de préférence en mai. Les semis devraient être repiqués et tutérisés l’année suivante. Le cèdre de Chypre (Cedrus brevifolia) et le cèdre bleu de l’Atlas (Cedrus atlantica) sont généralement reproduits par greffe, en fin d’été. Bouture de jeune pousse au printemps, de rameaux lignifiés en automne.

Maladies : scarabés d’écorce, chenilles


Les espèces adaptées à la culture en bonsaï

- Cedrus atlantica sp. (cèdre de l’Atlas) : une variété à aiguilles courtes - moins de 2,5 cm – un tronc gris clair et un port conique, aiguilles vertes à bleu-vertes. USDA 6-8 ;

- Cedrus atlantica ou Cèdre de l’Atlas : une variété à aiguilles de couleur bleu acier ;

- Cedrus brevifolia (cèdre de Chypre) : un arbre à croissance très lente, aiguilles courtes, de couleur vert foncé ;

- Cedrus deodara (déodar, cèdre de l’Himalya) : le plus grand de tous, jusqu’à 80m en Afghanistan. Aiguilles d’un vert profond pouvant virer au gris dans un climat chaud et sec. De préférence à n’utiliser qu’en grand bonsaï, l’espèce manque de la finesse des autres. Le déodar a un port inhabituel. Quoique conique, l’apex pend toujours, ce qui lui donne un "style formel pleureur" je suppose. Le plus tendre des cèdres, USDA 7-9 ; deodar en Hindoustani veut dire "bois de construction des dieux".

- Cedrus libani (cèdre du Liban) : dans la nature, le cèdre du Liban peut faire jusqu’à 35m. Il a un port très étalé, plutôt rond, assez inhabituel pour un conifère, et se rencontre souvent en multiples troncs. Les aiguilles font environ 2,5cm. USDA 6-8.

  • Cedrus libani "Green Prince" : un cultivar à croissance très lente, seulement 45cm. en 10 ans ! Aiguilles très courtes de couleur vert foncée, presque noire. Particlulièrement recommendé pour Bonsaï, mais rare et cher.
  • Cedrus libani "Nana" : un cultivar nain de l’espèce.

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